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Jacquerie, La (É. Blau & S. Arnaud / É. Lalo & A. Coquard)

Date

1895.3.9

Text

En 1889, Lalo décida d’adapter La Jacquerie. Scènes féodales, pièce de Mérimée publiée en 1828. Édouard Blau s’attela au livret, avec la collaboration de Simone Arnaud pour le quatrième et dernier acte. À la mort du compositeur en 1892, l’acte I était achevé (et orchestré en partie), la majorité des thèmes écrits. La famille Lalo demanda à Arthur Coquard d’achever l’opéra. Grâce à cet élève de Franck, La Jacquerie remporta un grand succès lors de sa création à Monte-Carlo, le 9 mars 1895, puis lors de sa reprise parisienne à l’Opéra-Comique quelques mois plus tard, le 23 décembre. Contrairement aux craintes que peut susciter une composition à quatre mains, la musique évite l’hétérogénéité : Coquard s’est efforcé de coller au style de Lalo et, lorsqu’il lui manquait des thèmes, il les a empruntés à Fiesque (1868). Par son sujet (une révolte paysanne en 1358 dans la région de Beauvais, toile de fond de l’amour impossible du manant Robert pour Blanche, fille du comte de Sainte-Croix), La Jacquerie s’inscrit dans la tradition du grand opéra français. Elle s’en écarte toutefois par sa concision (environ une heure et demie). La dramaturgie exploite l’impact visuel de décors typiquement romantiques (la chapelle en ruine dans la forêt pour le tableau final), l’opposition entre passion profane et dévotion sacrée (l’Angélus à l’acte I, le Stabat mater entonné par le peuple à l’acte II, la prière de Blanche et Jeanne à l’acte IV), ainsi que l’ample sostenuto d’une vocalité qui tire les leçons de Verdi et Wagner. Par ailleurs, les personnages de Robert et de sa mère Jeanne ne sont pas sans rappeler Jean et Fidès dans Le Prophète de Meyerbeer.