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Reine de Chypre, La (Saint-Georges / Halévy)

Date

1841.12.22

Description

Grand opéra en 5 actes

Text

Créée le 22 décembre 1841 à l’Opéra de Paris, La Reine de Chypre possède les atouts qui assurent le succès d’un grand opéra français : une intrigue historique, opposant Chypre et Venise au milieu du XVe siècle ; une mise en scène grandiose, avec des décors de René Philastre, Charles Cambon et Édouard Despléchin, des costumes de Paul Lormier et une chorégraphie de Joseph Mazilier ; un trio de chanteurs reconnus qui avait créé La Favorite de Donizetti l’année précédente, composé de Rosine Stoltz (Catarina Cornaro), Gilbert Duprez (le chevalier Gérard de Courcy) et Paul Barroilhet (Jacques de Lusignan, roi de Chypre). Le livret d’Henri de Saint-Georges permet à Halévy de s’illustrer dans l’héroïsme chevaleresque (duo de Gérard et Lusignan, acte III) comme dans l’effusion passionnée (duo de Catarina et Gérard, fin de l’acte II) ou le cantabile noble et mélancolique (solo de Catarina avec cor anglais obligé à l’acte V). Si la critique applaudit unanimement certaines scènes, notamment le chœur de gondoliers (début de l’acte II) et le quatuor entre Mocenigo, Gérard, Lusignan et Catarina (acte V), Castil-Blaze regrette dans Le Ménestrel la couleur trop sombre et le ton trop sérieux. Henri Blanchard, chroniqueur de La Revue et Gazette musicale de Paris, souligne qu’« il faut une intelligence et une oreille exercée à comprendre les secrets et l’harmonie et de l’instrumentation ». Mais Wagner, chargé de réaliser la partition piano-chant, publie un long feuilleton dans lequel il loue l’évolution d’Halévy vers une simplification des moyens et une synthèse des styles nationaux, percevant sans doute qu’il y a là de quoi féconder son futur drame musical.