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Carmélite, La (Mendès / Hahn)

Date

1902.12.16

Texte

« Comédie musicale » en quatre actes et cinq tableaux sur un livret de Catulle Mendès, La Carmélite fut représentée pour la première fois sur la scène de l’Opéra-Comique le 16 décembre 1902 avec la célèbre Emma Calvé comme interprète principale. Sous son sous-titre évocateur d’une tradition musicale ultérieure, l’œuvre composée par le jeune Reynaldo Hahn n’est rien moins que légère. Elle met en scène sous une forme romancée l’histoire vraie des amours de Louis XIV et Louise, future duchesse de La Vallière, qui se rencontrèrent par hasard lors de la répétition d’un ballet. La jeune femme nourrit pour le roi des sentiments désintéressés, qui lui valent d’être aimée en retour. Leur affection est prétexte à de beaux airs, d’une sobriété vocale qui semble fonctionner comme l’indice d’une distinction sociale. La relation des jeunes amants est toutefois troublée par l’intervention de « L’Évêque », sous les traits duquel il convient de reconnaître Bossuet, qui brandit la menace de la damnation devant Louise. Celle-ci met fin à sa liaison avec le roi et décide d’entrer au carmel. Le dernier acte offre une interprétation originale de la scène de couvent, véritable topos dans l’histoire des genres lyriques romantiques – que l’on songe notamment à La Favorite de Donizetti (1840) ou, plus près de l’ouvrage de Hahn, à La Fille du tambour-major d’Offenbach (1879) ou aux  Mousquetaires au couvent de Varney (1880). Placée sous le signe d’un remarquable réalisme, la représentation de la prise de voile de Louise fit scandale dans la presse et la scène fut raccourcie dès la deuxième représentation de l’ouvrage. La réception tumultueuse de l’œuvre, pourtant dénuée de tout commentaire anticlérical, s’explique sans doute par la tension sociale qui règne au moment de la création de l’opéra, suite à la publication de deux décrets interdisant certaines congrégations religieuses.