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Ma Mère l’Oye (Maurice Ravel)

Date

1911

Description

Pavane de la Belle au Bois Dormant – Petit Poucet – Laideronnette, Impératrice des Pagodes – Les Entretiens de la Belle et de la Bête – Le Jardin féerique.

Texte

C’est à l’intention des très jeunes enfants de ses amis Godebski que Ravel eut l’idée de composer une pièce facile pour piano à quatre mains inspirée d’un de leurs contes favoris. Ainsi naquit la Pavane en 1908 . Puis il ajouta les morceaux suivants, plus difficiles d’exécution et créés, salle Gaveau, par des adultes. En 1911, il instrumenta l’ensemble pour former une suite d’orchestre. Il devait l’augmenter encore pour accompagner un ballet mais, sous la forme de ces cinq pièces si différentes de ton, si magiques de couleur, la suite d’orchestre s’est imposée au concert. En confiant que Les Entretiens de la Belle et la Bête étaient « La quatrième Gymnopédie  », Ravel affirmait l’influence de l’esthétique minimaliste d’Erik Satie sensible dès la Pavane  : une page qui se joue presque entièrement sur les touches blanches. Écrire pour les enfants était une façon de s’autoriser une simplicité et d’entrer en révolte contre le goût de l’époque pour les harmonies compliquée. Une couleur modale aux senteurs de plain-chant se retrouve dans Petit Poucet  qui, sous des allures d’exercice sur les intervalles conjoints et les croches régulières, prend toute sa saveur dans les entorses faites aux règles énoncées. Laideronnette prolonge la gageure en se limitant (en apparence) au cinq notes de la gamme chinoise. Les Entretiens sont comme l’épure d’une valse ; Le Jardin féérique en est une autre, plus sombre au départ pour mieux éclater à la fin.