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Mage, Le (Richepin / Massenet)

Date

1891.3.16

Description

Grand opéra en cinq actes et six tableaux.

Texte

À la lecture du livret de Jean Richepin, on imagine un opéra à la couleur exotique puisqu’il met en scène Zarâstra, commandant de l’armée perse, vainqueur des Touraniens, mais amoureux de leur reine Anahita. Aimé en retour, le héros suscite également la passion de Varedha, fille du grand prêtre Amrou. Afin de lui échapper, Zarâstra se retire sur la montagne sainte, devient un mage déterminé à servir la vérité (son nom est une déformation de Zoroastre). Pourtant, la musique exclut presque totalement l’exotisme et privilégie la caractérisation des personnages. Amplement déclamée et d’une grande richesse d’inflexions, la ligne vocale traduit les émotions en temps réel, laisse parfois s’épancher un lyrisme langoureux (le solo de Zarâstra « Oui, parais, astre de mon ciel » à l’acte II, le duo d’Anahita et Zarâstra à l’acte V), mais se coule rarement dans un air. Comme le remarque Henri Moreno dans Le Ménestrel, à la suite de la création à l’Opéra de Paris le 16 mars 1891 : « M. Massenet incline chaque jour davantage vers le drame qu’on préconise aujourd’hui, celui où la déclamation joue le plus grand rôle et qui s’écarte de plus en plus de la musique proprement dite ». Dans la tradition du grand opéra, la sphère intime entre en conflit avec le cadre collectif : complot, cortège, cérémonie interrompue, ballet, chœurs (souvent religieux ici, et mêlés aux interventions des solistes), incendie dans la scène finale avec une dimension fantastique car les flammes s’écartent devant les invocations de Zarâstra. Comme Le Roi de Lahore (1877) et Hérodiade (1881), Le Mage met en tension le désir charnel avec la dimension spirituelle, thème qui sera de nouveau exploité dans Thaïs (1894).