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Magicienne, La (Saint-Georges / Halévy)

Date

1858.3.17

Texte

Créé à l’Opéra de Paris le 17 mars 1858, le dernier grand opéra de Halévy revisite le mythe de la « Mère-Lusine », la fée se transformant périodiquement en un être monstrueux moitié femme, moitié poisson. Dans le livret d'Henri de Saint-Georges, la transformation n’est pas physique, mais plutôt spirituelle : le pacte qu’elle a conclu avec le diable donne à Mélusine des pouvoirs magiques lui permettant de s’interposer entre Blanche et René et de séduire ce dernier. Cependant, l’amour que les deux jeunes se portent pousse la fée à éprouver des remords et à se repentit. Située à l’époque des Croisades, l’œuvre combine les éléments historiques propres au genre avec une perspective fantastique nouvelle dont le grand opéra de la monarchie de Juillet était dépourvu. Dans les premiers actes, le fantastique relève du merveilleux tandis que, dans le cinquième acte, le mythe chrétien domine l’action, qui trouve son apothéose dans la conversion de Mélusine. En cela, La Magicienne contraste nettement avec les grands opéras qu’Halévy avait composés précédemment et en particulier avec le penchant anticlérical de La Juive (1835) – contraste qui a été interprété comme une manifestation de la volonté de rapprochement entre le Second Empire et l’Église. Stylistiquement, le compositeur utilise des éléments que l’on retrouve dans ses autres grands-opéras, notamment l’emploi de la réminiscence (le thème de la romance de Mélusine réapparait tout au long de l’ouvrage) ou le déploiement de masses chorales et orchestrales, mais la concentration des numéros strophiques et la simplicité harmonique et mélodique rapprochent l’œuvre de l’esprit de l’opéra-comique.