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Maison dans les dunes, La (Gabriel Dupont)

Date

1909

Description

Dans les dunes par un clair matin – Voiles sur l’eau – La maison du souvenir – Mon frère le Vent et ma sœur la Pluie – Mélancolie du bonheur – Le soleil se joue dans les vagues – Le soir dans les pins – Le bruissement de la mer la nuit – Clair d’étoiles – Houles

Texte

Les Heures dolentes, premier grand recueil pianistique de Dupont, achevé en 1905, exprimait le spleen du jeune musicien tuberculeux. Si La Maison dans les dunes (1907-1909) ne se départ pas d’une mélancolie fiévreuse, ce cycle est cependant éclairé par le soleil du Cap-Ferret où séjournait Dupont, et transpose les paysages vus depuis la rive. La mer clapote (Le soleil se joue dans les vagues, scherzo staccato émaillé de traits fluides), s’agite sous la tempête (Mon frère le Vent et ma sœur la Pluie, ou encore Houles qui semble annoncer Ce qu’a vu le vent d’Ouest dans les Préludes de Debussy). Mais il s’agit moins de « cartes postales » que de visions intérieures, de mouvements de l’âme nés de la contemplation de la nature, comme le souligne Le Ménestrel : « Le pittoresque s’exempte des menus jeux imitatifs, parce que la sensation, toujours, s’y mue en sentiment. » Voilà qui rappelle Debussy, de même que la gamme par tons, le pentatonisme, la diffraction des motifs et des sonorités qui transposent les irisations de l’eau sous la lumière. Dans ses indications sur la partition, Dupont se montre cependant plus précis que son aîné, comme s’il avait besoin des mots pour parachever l’œuvre : « Journée de février, dans une petite ville » (Mon frère le Vent et ma sœur la Pluie), « Dimanche de Pâques, au large » (Mélancolie du bonheur). À l’issue de la création du cycle par Maurice Dumesnil, le 3 juin 1910 à la salle Pleyel, Le Ménestrel pouvait écrire : « Ce musicien, d’un métier d’ailleurs savant et sûr, n’est si vraiment musicien que parce qu’il est, d’abord, un poète. »