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Mazurkas n° 1, 2 et 3 (Camille Saint-Saëns)

Date

1882

Texte

Mazurka no 1 en sol mineur op. 21 (1862) – Mazurkano 2 en sol mineur op. 24 (1871) – Mazurka no 3 en si mineur op. 66 (1882)

La mazurka est une danse d’origine polonaise, qui devient populaire à Paris sous la monarchie de Juillet et entre, au milieu du XIXe siècle, au répertoire des danses de salon. Frédéric Chopin, avec une cinquantaine d’œuvres composées tout au long de sa carrière, est sans doute celui qui a le plus œuvré pour donner une légitimité à la forme instrumentale dérivée de cette danse à trois temps. Ces œuvres influencent aussi bien Franz Liszt que certains pianistes-compositeurs français, et les trois mazurkas écrites par Camille Saint-Saëns entre 1862 et 1882 s’inspirent évidemment de cet éminent modèle. Elles sont destinées à être entendues dans les salons du Second Empire, puis de la Troisième République et n’apparaissent dans les concerts publics qu’au début du XXe siècle (interprétées par Louis Diemer ou Saint-Saëns lui-même). Les noms des trois dédicataires confirment cette orientation vers l’Europe centrale et l’aristocratie : la première mazurka est dédiée à la princesse de Metternich-Winneburg, femme d’un ambassadeur autrichien, influente auprès de la cour impériale et très active dans les salons parisiens ; la deuxième à Marie de Mouckhanoff, née comtesse de Nesselrode, élève de Chopin et de Liszt, tenant un salon à Baden-Baden ; et la troisième à la comtesse Emmanuela Potocka, Italienne mariée à un aristocrate polonais ayant un salon à Auteuil. Les teintes slaves des œuvres prises en référence sont cependant estompées par Saint-Saëns au profil d’une couleur plus française : volontiers charmeuses, ces mazurkas anticipent notamment les productions pour piano de Gabriel Fauré.