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Psyché (Barbier & Carré / Thomas)

Date

1857.1.26

Description

Opéra-comique en trois actes, révisé en opéra en 4 actes (1878).

Texte

Composé pour l’Opéra-Comique sur un livret de Jules Barbier et d’Albert Carré, Psyché narre les amours contrariés d’Éros et Psyché, manipulés par le cynique Mercure. Le style de l’ouvrage se ressent d’une forte influence italienne par les flots de vocalises que déversent tour à tour l’héroïne (« première chanteuse légère à roulades ») et le rôle travesti d’Éros prévu pour une mezzo-soprano rossinienne à la tessiture très large. L’ouvrage a connu deux versions : l’une, en trois actes, créée en janvier 1857 ; l’autre, en quatre actes, présentée en mai 1878. Outre la transformation de dialogues parlés (1857) en récitatifs (1878), la différence fondamentale entre les versions réside dans l’exclusion, en 1878, de deux rôles comiques masculins (Antinoüs, ténor et Gorgias, baryton-basse) et la part moindre accordée aux deux sœurs de Psyché, jalouse de sa beauté. Dafné et Bérénice, précédemment dotées d’un duo et d’un quatuor particulièrement amusants, sont reléguées au rang d’utilité. Sans doute l’évolution de l’opéra français, suite au succès de Faust (1859), tolérait de moins en moins le mélanges du comique et du tragique en 1878. La seconde version déroule désormais un lyrisme chatoyant mais, en multipliant les interventions de Psyché et d’Éros, se prive d’un contraste qui en altère l’intérêt dramatique. À noter également que le rôle de Mercure, initialement confié à une basse chantante, est transformé en baryton vocalisant avec force transpositions et ajouts d’ossias virtuoses pour la seconde version, laquelle devient un opéra… sans ténor. Le sujet, situé à l’époque légendaire de la Grèce antique, témoigne du regain d’intérêt du Second Empire pour les thèmes mythologiques dont Les Troyens sont le plus fulgurant exemple… ainsi que La Belle Hélène d’Offenbach.