Accueil / Œuvres / Quatuor à cordes n° 1 (Joseph-Ermend Bonnal)

Imprimer le contenu de la page

Quatuor à cordes n° 1 (Joseph-Ermend Bonnal)

Date

1927

Texte

Vif – Assez vif, âpre et sarcastique – Grave et expressif – Très animé

Auteur de trois quatuors à cordes dont le dernier est perdu, Bonnal se confronte pour la première fois à cette formation au milieu des années 1920. Il achève sa partition en 1927 et la dédie à la mémoire de son père. De toute évidence, il s’est souvenu des quatuors de Debussy et Ravel, dont l’influence est perceptible dans les couleurs harmoniques et les textures instrumentales (on songe notamment au deuxième mouvement, où le crépitement des pizzicatos rappelle les scherzos des deux aînés). Mais cet héritage se fond dans un langage original, enrichi par le folklore du Pays basque où Bonnal vit depuis 1921. Comme Bartók ou Falla à la même époque, le compositeur français emprunte à la musique de tradition orale des caractéristiques mélodiques et rythmiques qu’il fusionne avec son propre style. Le deuxième mouvement de son Quatuor no 1joue ainsi sur l’ambiguïté entre mètres binaires et ternaires ; sa partie centrale adopte une mesure à sept temps, que l’on entend dans certaines danses basques. Le finale utilise parfois une mesure à cinq temps, caractéristique du zortziko. Dans son ensemble, la partition frappe par la diversité des procédés d’écriture et des climats. Le premier mouvement alterne entre passages verticaux, contrepoint imitatif, superposition de plusieurs matériaux. Le lyrisme tamisé et un peu mélancolique du troisième mouvement évolue vers une expression passionnée, pour conclure sur des sonorités éthérées. Puis le finale récapitule les éléments thématiques de l’œuvre entière, qu’il soumet à d’étonnantes métamorphoses.