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Quintette pour cordes et piano n° 2 en ut mineur op. 115 (Gabriel Fauré)

Date

1921

Description

Allegro moderato – Allegro vivo – Andante moderato – Allegro molto

Texte

Fauré composa dans le plus grand secret son Quintette avec piano no 2, de septembre 1919 à mars 1921. Il n’en parla qu’à son épouse. La surprise dut être d’autant plus grande pour le public de la création, le 21 mai 1921, qui eut lieu lors d’un concert de la Société nationale où se produisirent André Tourret et Victor Gentil (violons), Maurice Vieux (alto), Gérard Hekking (violoncelle) et Robert Lortat (piano). L’auditoire accueillit triomphalement le nouvel ouvrage. Dans Le Temps, Émile Vuillermoz ne tarit pas d’éloges : « Le Quintette en ut a le mérite paradoxal de réunir deux vertus généralement incompatibles : la jeunesse et la sérénité. Il a le privilège juvénile de la fraîcheur, de l’ardeur, de la générosité et de la tendresse persuasive ; il possède aussi les dons épurés de la sagesse, de la passion idéalisée, du bel équilibre voluptueux et de la tranquille raison. » En effet, la partition combine harmonieusement les cordes et le piano (lequel écarte la tentation de textures orchestrales), exploite à part égale les ressources du contrepoint et de l’écriture verticale. Parfois traité comme une entité homogène, le quatuor à cordes laisse aussi chacun de ses membres se distinguer comme soliste. Par ailleurs, Fauré offre de solides repères formels (dans l’Allegro moderato initial, par exemple, le développement et la réexposition sont clairement signalés par un retour du premier thème). Parallèlement, il multiplie les inflexions inattendues, au niveau du rythme (les hémioles dans les mouvements pairs) comme de l’harmonie. On songera en particulier à l’étonnant scherzo Allegro vivo, où la tonalité se dérobe sans cesse.