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Courrier des spectacles, 14 mars 1797 [Médée de Cherubini]

Théâtre Feydeau.

Jamais première représentation n’attira plus de monde que l’on en vit hier au théâtre de la rue Feydeau. La tragédie lyrique de Médée a eu le succès le plus brillant et le mieux mérité. La musique, à laquelle on ne peut donner trop d’éloges, est de M. Chérubini ; le poème est de M. Hoffmann, déjà connu par plusieurs productions agréables. Les décorations sont magnifiques & les chœurs ont été supérieurement exécutés : enfin, rien n’a manqué pour rendre cet opéra digne de la plus grande admiration. Le public a demandé à voir M. Chérubini ; il a paru, ainsi que M. Hoffmann. Madame Scio a joué le rôle de Médée avec le plus grand talent ; elle a eu, entr'autres , des morceaux où elle a été de la plus grande force ; le public la redemandée à la fin de la pièce : elle a paru , et les spectateurs lui ont témoigné leur satisfaction par les plus grands applaudissemens. M. Gaveaux a lu, à la fin de la pièce, quelques vers faits en l’honneur de M. Chérubini : aussitôt que nous les aurons, nous en ferons part à nos lecteurs.

Jason, après avoir abandonné Médée, son épouse, dont il a deux enfans, est reçu à la cour de Créo , roi de Corinthe, qui va l’unir à sa fille Dircé. Le moment de l’hymen approche quand Médée vient le troubler, et réclamer son infidèle époux et ses deux enfans qu’il lui a enlevés : Jason est sourd à ses prières, insensible à ses larmes, brave les menaces qu’elle lui fait, et lui défend même de revoir ses enfans. Le peuple de Corinthe demande la mort de Médée. Le roi Créon l’exile de ses états, et lui défend, sous peine de mort , d’y reparaître : Médée le conjure de se laisser attendrir, et de lui accorder un jour pour sortir de sa cour ; Créon lui accorde le jour qu’elle demande ; Jason vient lui offrir tous les soulagemens nécessaires dans son exil : elle lui redemande ses enfans, il les refuse, mais lui permet de les voir avant son départ. Médée, pour se venger de Dircé, sa rivale, ordonne à Néris, sa confidente, de prendre une robe brillante où des poisons sont cachés, afin qu’ils dévorent la malheureuse amante de Jason. L’hymen se fait : Néris présente à Médée ses deux enfans ; Dircé, Créon, sont les victimes de la fureur de Médée ; ses deux enfans éprouvent le même sort, et elle abandonne Jason.

    Personne - 1
  • CHERUBINI, Luigi (1760-1842)
  • Œuvre - 1
  • Médée (Hoffman / Cherubini)