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Courrier des théâtres, 8 octobre 1840 [Loÿse de Monfort de Bazin]

Toutes les parties intéressées dans l’essai que tentait, hier, l’Opéra, ont eu, plus ou moins, à s’en féliciter. La scène lyrique intitulée Loyse de Montfort et dont M. Bazin, le lauréat du Conservatoire, a composé la musique, a été écoutée avec tout l’intérêt que peut inspirer, sur un théâtre, une œuvre de cette nature. Ce n’est point là le lieu pour lequel elle avait été faite. On ne lui avait demander que de donner une idée, aussi exacte que possible, des dispositions de son auteur et de fournir un prétexte à la concession du Grand-prix dont le but est de faire sortir un jeune homme de la foule pour le placer sur le chemin qui conduit à la gloire. Cette espérance s’était complètement réalisée dans le dernier Exercice du Conservatoire. A la séance de l’Institut, le cadre s’élargissant déjà, l’ouvrage avait laissé à désirer, parce que le vrai public était là ; tandis qu’à la première épreuve, la science seule avait jugé, par l’intermédiaire des professeurs et l’amitié, par l’entreprise de la famille. A l’Opéra, c’était bien différent ! Il s’agissait d’une première représentation, l’affiche le disait ; plus d’importance ressortait de cette tentative, il y avait un théâtre, des acteurs, des costumes et tout ce qui constitue une solennité dramatique. L’espace était considérable pour n’y exécuter qu’une scène lyrique, et il était à craindre que le contenu ne parût un peu étriqué dans un contenant de cette dimension. Le musicien perdait donc, selon nous, plutôt qu’il ne trouvait des avantages dans cette exhibition théâtrale : ce que, de près, on juge mélodieux, expressif, bien écrit et bien facturé, de loin, peut paraître petit, étroit, monotone et d’une ordinaire simplicité. Loyse de Montfort, sans avoir totalement échappé à ces risques, a réussi, surtout auprès des connaisseurs qui ont su gré à M. Bazin d’un style large, correct et de plusieurs inspirations fort heureuses, surtout dans Loyse, le personnage chanté par Mme Stoltz. Marié s’est acquitté avec talent de celui de Gaston. Quant à Dérivis, toujours le même, si le cruel eût chanté juste, c’est qu’il se serait trompé. – Nous ne parlerons des paroles que pour ajouter le nom de M. Emilien Pacini à celui de M. Emile Deschamps, seul nommé jusqu’à ce jour. En pareil cas, les poètes tiennent infiniment peu de place.

    Personne - 1
  • BAZIN, François (1816-1878)
  • Œuvre - 1
  • Loÿse de Montfort (Deschamps & Pacini / Bazin)
  • Thème - 1
  • Prix de Rome – Concours de composition musicale