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Courrier des théâtres, 9 octobre 1827 [séance publique de l’Institut]

INSTITUT ROYAL. – ACADEMIE DES BEAUX-ARTS. – Distribution des prix. Brillant concours de spectateurs et de spectatrices élégantes, qui prouvait d’abord l’intérêt que l’on porte à des talens naissans destinés à être un jour l’honneur de la France, et ensuite qui montrait combien le goût des arts est répandu dans la société. […] Composition musicale. Premier prix : M. Guiraud, élève de M. Lesueur. Second prix, partagé entre M. Despréaux et M. Gilbert, tous deux élèves de M. Berton. Les paroles de la cantaten’étaient point de M. Vieillard, mais de M. Berton, et n’en étaient pas moins bonnes. Le sujet était : les Derniers Momens d’Orphée. La musique de la cantate de M. Guiraud nous a paru d’un style convenable et bien suivi, plutôt qu’original et élégant. Ses phrases de chant partielles, ses ritournelles, etc., manquent souvent de physionomie. Le principal mérite de M. Guiraud a été de ne pas interrompre le mouvement de la bacchanale à la fin, et de placer au milieu de ce mouvement l’invocation d’Orphée, à chant large. On dit que ses concurrens avaient manqué ce point important. Du reste, la fin de la cantate nous a rappelé un passage du second acte de la Vestale. Somme toute, il y a du talent et de l’acquis dans ce morceau ; les inspirations fortes viendront plus tard. Ce jeune homme a déjà montré qu’il pouvait suivre et traiter un sujet. On avait exécuté auparavant une symphonie de M. Reicha ; elle nous a paru l’ouvrage d’un homme très-exercé à noyer les rentrées d’instrumens, et des phrases de chant multipliées plutôt qu’élégantes. Mais cette symphonie, tantôt pastorale, tantôt pathétique, tantôt guerrière, nous a semblé manquer de largesse dans le style, de simplicité et d’unité. Que M. Reicha nous fasse donc une symphonie à grosses notes, à grand caractère, comme l’ouverture de Montano ; il n’en sera pas moins savant, et il sera mieux inspiré. […] Alexis Dupont devait chanter la scène, mais la veille, au moment de la répétition, il fut pris d’un enrouement subit. On rencontra Mme Dabadie, qui se chargea à l’improviste de réciter pour lui, et, nous devons le dire, elle chanta ce morceau à la première vue en excellente musicienne et avec style. Elle est restée Orphée le lendemain, et personne ne nous a paru s’en plaindre.

    Personne - 1
  • GUIRAUD, Jean-Baptiste (1804-1864)
  • Thème - 1
  • Prix de Rome – Concours de composition musicale