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Courrier des théâtres, 9 octobre 1840 [Loÿse de Monfort de Bazin]

Nous n’avons pas cru que l’analyse de la scène musicale exécutée, avant-hier, à l’Opéra, fût d’une grande nécessité pour nos lecteurs. Cependant on nous la demande, comme s’il s’agissait d’une pièce où les paroles eussent toute l’importance d’un poème. Peu de mots résumeront ces souvenirs du Comte d’Albert, représenté jadis au théâtre de l’Opéra-Comique. Voici de quoi il s’agit, on y retrouvera aussi le beau dévouement de Mme Lavalette. Gaston de Montfort, jeune gentilhomme attaché au parti du roi de Navarre, est prisonnier des ligueurs, qui l’ont déposé dans un cachot du Châtelet de Paris. Loyse, sa femme, devançant de deux cent vingt-un ans l’héroïque action que nous venons de rappeler, entre dans la prison de son mari et le détermine, par ses prières et ses larmes, à prendre le manteau qui la couvre et à sortir sous ce déguisement. Gaston s’évade et va rejoindre l’armée royale sous les murs de Paris. Cependant Albert, commandant militaire du Châtelet, venant faire sa tournée, s’aperçoit bientôt du changement de prisonnier. Il s’emporte ; mais bientôt, frappé des charmes de Loyse, il s’abandonne à cette séduction et en vient dans sa jalousie, jusqu’à provoquer Gaston qui entre dans Paris avec le Béarnais, vainqueur de la Ligue. Albert reste avec sa courte honte et désolé de n’avoir pas accompli deux mauvaises actions, celle qui menaçait la femme et celle qui touchait le mari. Pour trouver ce commencement de fable, les deux poètes… (… Ce ne sont pas de ces grands vers pompeux, mais de petits vers doux, tendres et langoureux…) les deux poètes ont fait peu d’efforts d’imagination. L’ancienne pièce de l’Opéra-Comique et le trait de Mme Lavalette leur ont fourni le sujet ; ils en conviennent et s’effacent pour laisser à M. Bazin, le musicien, tout l’honneur de la réussite que ce morceau vient d’obtenir. Si ce jeune homme n’en accepte que ce qu’il y a de légitime, il peut grossir le nombre de nos bons compositeurs. Ses études et le nom de son maître, M. Berton, lui permettent de l’espérer. Nous verrions avec le plus grand plaisir de si douces promesses se réaliser. – L’Opéra exécutera encore aujourd’hui Loyse de Montfort. Mme Stoltz pour soutien.

    Personne - 1
  • BAZIN, François (1816-1878)
  • Œuvre - 1
  • Loÿse de Montfort (Deschamps & Pacini / Bazin)
  • Thème - 1
  • Prix de Rome – Concours de composition musicale