Accueil / Documents / Articles de presse / L’Art musical, 26 octobre 1882 [séance publique de l’Institut]

Imprimer le contenu de la page

L’Art musical, 26 octobre 1882 [séance publique de l’Institut]

INSTITUT DE FRANCE.

Samedi, l’Académie des Beaux-Arts a donné sa séance annuelle pour la distribution des prix et l’exécution des cantates qui ont remporté le prix de Rome. L’Institut n’ayant pas décerné de premier prix l’an dernier dans la section de musique, a pu accorder cette année deux grands prix, l’un à M. Marty, l’autre à M. Pierné. Le sujet du concours était une cantate à trois personnages, intitulée Édith et dont les vers sont de M. Guinaud. La séance a commencé par l’exécution du second grand prix. L’œuvre de M. Pierné contient de jolies inspirations, il y a de la jeunesse et du charme dans l’ensemble de cette cantate et lorsqu’on songe à l’âge de celui qui l’a écrite, on ne peut que bien augurer de l’avenir du compositeur ; les interprètes étaient Mme Montalba, Belhomme et Mouliérat. Entre les deux cantates on a proclamé les lauréats de musique, de peinture, de sculpture, d’architecture et de gravure, les prix de fondation ; puis M. de la Borde a prononcé l’éloge de M. Lefuel, puis enfin a eu lieu l’exécution de la cantate de M. Marty. Dès les premières mesures de l’introduction on sent dans l’œuvre de M. Marty une grande habileté d’orchestration et une inspiration élevée. Quelques phrases admirablement détaillées d’ailleurs par Talazac ont obtenu un succès très réel près du public d’élite réuni sous la coupole de l’Institut, on sentait dans cet accueil plus que la sympathie que rencontre habituellement l’œuvre couronnée. Le seul reproche qu’on pourrait adresser à M. Marty, c’est de ressembler tellement à son maître que certaines pages pourraient être signées Massenet sans que celui-ci les désavoue ; le reproche n’en est donc pas un en réalité et on peut le considérer, jusqu’à un certain point, comme un éloge. Talazac, Cobalet, Mlle Dufrane et l’orchestre se sont acquittés de leur tâche avec un talent et un ensemble admirables. Il y a longtemps que l’exécution des cantates ne nous avait paru aussi remarquable, les lauréats ont eu le rare bonheur de voir leur œuvre rendue d’une façon très complète et très appréciable devant le public et ils en doivent être aussi heureux que reconnaissants envers les interprètes qui leur ont donné leur excellent concours.

    Personnes - 2
  • MARTY, Georges (1860-1908)
  • PIERNÉ, Gabriel (1863-1937)
  • Thème - 1
  • Prix de Rome – Concours de composition musicale
  • Livret - 1
  • Edith (Édouard Guinand)