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La France musicale, 12 octobre 1862 [séance publique de l’Institut]

ACADEMIE DES BEAUX-ARTS. SEANCE PUBLIQUE ANNUELLE. 

L’Académie des Beaux-Arts a tenu samedi dernier sa séance publique annuelle, sous la présidence de M. Couder. Comme d’habitude, une nombreuse affluence de spectateurs se pressait à cette fête de l’intelligence, dans cette étroite enceinte où d’enivrantes émotions allaient faire battre tant de cœurs, où des jouissances délicates devaient être savourées par les esprits les plus cultivés.

La séance a commencé par une ouverture de M. Samuel David, un des derniers grands prix de Rome. L’auteur a voulu donner une idée du Jugement dernier. Son programme était vaste et difficile à remplir. Qu’on en juge par le texte : 
                        1° Annonce du Jugement
                        2° Chaos, chœur des damnés ; 
                        3° Récitatif : le Très–Haut annonce aux méchants qu’ils aient à redouter le châtiment de leurs crimes, puis il promet aux bons la récompense de leurs vertus et le triomphe des vérités éternelles ; 
                        4° Marche des élus ; 
                        5° Cantique ; 
                        6° Extase.

Cette page symphonique révèle des aspirations élevées et une organisation musicale ennemie de la banalité. On pourrait peut-être lui reprocher un peu d’enflure, mais cet excès lui-même est le témoignage d’une grande puissance de conception. L’œuvre de M. Samuel David, dirigée avec une grande autorité par M. Battu, qui avait sous ces ordres l’orchestre de l’Opéra, a été vivement applaudie, et ce n’était que justice. Ce jeune compositeur est élève de MM. Halévy et Fr. Bazin.

La séance s’est terminée par l’exécution de la cantate couronnée, Louise de Mézières, et composée par M. Bougault-Ducoudray, de Nantes, élève de M. A. Thomas, membre de l’Institut. Les paroles, qui sont de M. Edouard Monnais, commissaire du gouvernemens près les théâtres lyriques impériaux et le Conservatoire, ont fourni au jeune lauréat d’heureuses inspirations qu’il a su rendre avec élégance et clarté. L’air du ténor, le duo entre le soprano et le ténor, et le trio entre le soprano, le ténor et la basse, sont des morceaux forts bien écrits, dans lesquels la mélodie joue un rôle important. On peut, sur ce premier ouvrage, prédire à M. Bourgault-Ducoudray un sérieux avenir. 

M. ESCUDIER.

    Personnes - 3
  • BOURGAULT-DUCOUDRAY, Louis-Albert (1840-1910)
  • DAVID , Samuel (1836-1895)
  • ESCUDIER, Marie (1809-1880)
  • Thèmes - 2
  • Prix de Rome – Concours de composition musicale
  • Prix de Rome – Les envois de Rome
  • Livret - 1
  • Louise de Mézières (Édouard Monnais)