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Le Ménestrel, 26 octobre 1890 [séance publique de l’Institut]

Ainsi que nous l’avons dit, c’est le samedi 18 octobre que l’Académie des Beaux-Arts a tenu sa grande séance publique annuelle, sous la présidence de M. Ambroise Thomas, assisté du bureau de M. Meissonier, vice-président, et de M. le comte Henri Delaborde, secrétaire perpétuel. Il est inutile de dire que la salle était libéralement garnie. […] Mais il va sans dire que le gros, très gros morceau cette fois, de la séance, c’était l’exécution des deux cantates qui avaient valu à leurs auteurs le grand prix de composition musicale. Ces cantates avaient été écrites par MM. Bachelet et Carraud sur un poème intitulé Cléopâtre (Cléopâtre est à la mode), dû à M. Fernand Beissier, et qui comprend trois scènes, qu’on peut analyser ainsi. Vaincu sur les deux éléments par Octave et croyant à la trahison de sa maîtresse, Antoine la maudit et accuse la fatalité ; au moment où, pour mourir, il s’est réfugiés dans le tombeau des Ptolémées, Cléopâtre le rejoint et réveille sa passion en même temps qu’elle lui promet de nouvelles armées et la victoire à leur suite. Tout deux vont fuir lorsque le spectre de César, apparaissant tout à coup à Antoine, lui défend de porter de nouveau les armes contre Rome. Antoine, désespéré, se tue alors, et Cléopâtre meurt avec lui. C’est la cantate de M. Bachelet, deuxième premier prix, élève de M. Guiraud, qui a été entendue la première ; elle avait pour interprètes Mlle de Montaland, MM. Imbert de la Tour et Auguez, et a paru se distinguer par un heureux tour mélodique et des accents parfois pénétrants, aussi bien que par une instrumentation sonore et vigoureuse ; toutefois, elle faiblit quelque peu vers la fin, et il semble que l’auteur ait manqué de souffle. Celle de M. Carraud, premier grand prix, élève de M. Massenet, est plus remarquable dans son ensemble, quoique peut-être moins généreuse au point de vue mélodique ; mais on trouve ici une sûreté de main, une autorité, une science de l’orchestre qui sont faites pour surprendre chez un si jeune artiste. Ajoutons que l’exécution de la scène de M. Carraud, confiée à Mme Fierens, à MM. Cossira et Taskin, a été de tous points excellentes. – En somme, cette séance de l’Académie a été, sous tous les rapports, particulièrement remarquable.

    Personnes - 2
  • BACHELET, Alfred (1864-1944)
  • CARRAUD, Gaston (1864-1920)
  • Thème - 1
  • Prix de Rome – Concours de composition musicale
  • Livret - 1
  • Cléopâtre (Fernand Beissier)