Accueil / Documents / Articles de presse / Le Ménestrel, 28 octobre 1888 [séance publique de l’Institut]

Imprimer le contenu de la page

Le Ménestrel, 28 octobre 1888 [séance publique de l’Institut]

Samedi dernier, à l’Institut, ainsi que nous l’avions annoncé, a eu lieu la séance publique annuelle de l’Académie des beaux-arts, présidée par M. Bonnat. On y a entendu d’abord une ouverture composée par M. Georges Marty, pensionnaire de Rome. C’est une composition d’une valeur évidente et qui révèle, chez son auteur, un musicien nourri de la moelle des maîtres ; l’orchestre est, malheureusement, si singulièrement placé, tout en haut de la coupole du monument, qu’il devient très difficile d’y suivre une œuvre symphonique un peu compliquée dans tous ses détails. Après l’exécution de cette ouverture, le président a procédé à la distribution des derniers grands prix de Rome. Puis, M. le vicomte Henri Delaborde, secrétaire perpétuel, a lu une fort intéressante notice sur la vie et les ouvrages de Victor Massé ; on a accueilli cette lecture, à plusieurs reprises, par des bravos mérités. Venait enfin, pour conclure, la cantate de M. Camille Erlanger, l’élève de M. Léo Delibes, qui a remporté cette année le grand prix de composition musicale. Cette Velléda est une œuvre des plus agréables, qui fait bien augurer des destinées futures de son auteur. La première scène est vraiment d’une couleur charmante avec son accompagnement d’orchestre piquant. Nous aimons encore l’entrée de Velléda « Je suis la fée aux ailes d’or », d’un tour mélodique très franc et très heureux. Mais la page capitale de l’œuvre, c’est évidemment la belle mélopée : « Vois ces barques dormant sur le morne rivage », d’un sentiment si pénétrant et d’une couleur si intense. Que dire de Mme Caron, qui était l’interprète principale de M. Erlanger ? Elle a été simplement admirable, et personne ne pouvait s’expliquer l’aberration des directeurs de l’Opéra, qui ne songent pas à rappeler, au plus vite, une artiste de cette haute valeur. On lui a fait de véritables ovations. Dans un rôle sacrifié, M. Plançon a su, cependant, faire deviner l’artiste qu’il était. Le ténor Piroïa mérite également une mention très honorable.

    Personnes - 2
  • ERLANGER, Camille (1863-1919)
  • MARTY, Georges (1860-1908)
  • Thèmes - 2
  • Prix de Rome – Concours de composition musicale
  • Prix de Rome – Les envois de Rome
  • Livret - 1
  • Velléda (Fernand Beissier)