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Le Temps, 2 novembre 1906 [Ariane de Massenet]

THÉÂTRES

« Ariane »

Au début de son beau poème d’Ariane, M. Catulle Mendès reproduit les vers de trois poètes anciens.

Ovide d’abord s’exprime ainsi :

Ducit in errorem variarum ambage viarum

Ce que l’on pourrait traduire, en commentant un peu : « Le fil conduit le héros à travers les détours des routes entrecroisées (le labyrinthe). »

Puis Thomas Corneille, qui fit une Ariane où le premier il opposa Phèdre à Ariane, dit :

Elle se fie à moi, cette sœur, elle m’aime ;

C’est une ardeur sincère, une tendresse extrême ;

Jamais son amitié ne me refuse rien.

Pour l’en récompenser, je lui vole son bien.

Enfin, Racine écrit :

Ariane, ma sœur, de quelle amour blessée

Vous mourûtes aux bords où vous fustes laissée.

Les trois citations résument le livret de M. Mendès. Thésée sort du labyrinthe vainqueur du Minotaure, grâce au fil d’Ariane ; puis ayant emmené à la fois Ariane et sa sœur Phèdre, il délaisse la douce Ariane pour Phèdre plus passionnée ; enfin, lorsque Ariane ramène Phèdre des enfers, où elle est descendue volontairement, Thésée emporte Phèdre seule et abandonne dans l’île de Naxos Ariane qui va se précipiter dans les flots.

Le livret, poétique et dramatique, devait séduire M. Massenet, l’auteur de tant d’œuvres applaudies. Nous n’avons pas à juger ici la partition nouvelle du compositeur de Manon et de Werther, mais il nous est permis de dire qu’elle a reçu du public, non moins que le poème, un accueil chaleureux, — qui après le troisième acte, le plus dramatique des cinq, a été enthousiaste.

On a associé au succès du poète et du compositeur leurs vaillants interprètes, Mmes Bréval, Grandjean, Arbel, Mendès, MM. Delmas et Muratore.

    Personne - 1
  • MASSENET, Jules (1842-1912)
  • Œuvre - 1
  • Ariane (Mendès / Massenet)