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Revue et Gazette musicale de Paris, 14 octobre 1849 [séance publique de l’Institut]

Académie des Beaux-Arts. Séance annuelle. Distribution des prix.

Il n’y a pas eu cette année de premier grand prix de composition musicale. […] La séance commençait par une ouverture de M. Gastinel, lauréat de 1846, et déjà sans doute revenu de ses pérégrinations étrangères. Cette ouverture atteste une main exercée, une habileté de facture remarquable, hormis en ce qui touche les proportions relatives des différents mouvements dont elle se compose. Le premier, par exemple, est d’une longueur démesurée, et l’on se demandait avec inquiétude si cet andante, fort agréable du reste, devait se prolonger à perpétuité. Dans l’allegro, les deux thèmes sont ramenés avec art, mais ils n’ont pas grand rapport de physionomie ni d’expression ; il en résulte que le morceau pris dans son ensemble manque de caractère et d’effet. Ceci ne veut pas dire que M. Gastinel ne soit pas capable d’écrire un bon opéra : tout au contraire, nous sommes persuadés que s’il eût eu le moindre poème entre les mains, son ouverture aurait une allure bien plus nette, un coloris plus déterminé. La cantate de M. Ernest Cahen, qui a obtenu le premier des deux seconds prix (l’autre second prix est échu à M. Jonas), ne manque pas d’un certain entrain, mais il y a trop de vague dans les formes, rien d’assez arrêté dans les contours : aucun trait saillant ne se détache et ne fait impression. M. Camille Doucet, l’auteur des paroles, avait pourtant bien disposé son petit drame : un mari se déguise en nautonier pour attendre sur le rivage le séducteur qui lui enlève sa femme. Don Fernand et lady Rivers arrivent pleins d’amour et de terreur. Lord Rivers, sous le nom d’Antonio, les observe et médite sa vengeance. Ils montent tous les trois dans une barque pour aller rejoindre un vaisseau. Antonio rame ; Fernand chante et lady Rivers frémit. Lorsque Fernand se croit près du vaisseau, lord Rivers se découvre à la lueur des éclairs. L’orage gronde avec fureur, et la vague engloutit la barque, avec l’amant, la femme et le mari. M. Ernest Cahen est élève de M. Adolphe Adam et de M. Zimmerman ; M. Jonas, de M. Carafa. Nous verrons l’année prochaine lequel des deux l’emportera sur l’autre, ou s’ils parviendront encore de compagnie au premier prix. […]

R. 

    Personnes - 2
  • CAHEN, Ernest (1828-1893)
  • GASTINEL, Léon (1823-1906)
  • Thèmes - 2
  • Prix de Rome – Concours de composition musicale
  • Prix de Rome – Les envois de Rome
  • Livret - 1
  • Antonio (Camille Doucet)