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Thésée (Quinault & Morel de Chédeville)

Date

1782

Description

Tragédie lyrique en 4 actes créée à l'Académie royale de musique le 26 février 1782.

Synopsis

La scène est à Athènes.

Acte I

Le théâtre représente le temple de Minerve. Au loin, des combats font rage. La ville d’Athènes, que gouverne le roi Égée, est assaillie de tous côtés par des mutins qu’ont rejoints des peuples ennemis. Alors que les armées approchent, la princesse Églé – arrachée aux combats par Thésée – vient implorer la déesse d’épargner le roi, son sauveur et son peuple. La Grande Prêtresse de Minerve et sa suite joignent leurs voix à ses suppliques. La victoire est en faveur d’Égée : celui-ci fait une entrée solennelle et ordonne de préparer de pompeux sacrifices pour rendre grâce à la divinité qui les a protégés. Tandis que tous se retirent pour lui obéir, il avoue à Églé son amour et le souhait qu’il a de partager son trône avec elle au lieu d’épouser Médée à qui il avait promis sa main : celle-ci devra se contenter d’épouser son fils qu’il ne connaît pas, l’ayant fait élever dans les campagnes reculées de Trézène. La princesse le repousse avec égards mais fermeté tandis que les sacrifices commencent.

Acte II

Le théâtre représente une partie extérieure du palais d’Égée. Médée confie à sa suivante, Dorine, qu’elle est tourmentée par l’amour et ne trouve plus le repos. C’est Thésée qu’elle aime et qui, seul, pourra lui faire oublier l’ingrat Jason. Dorine l’engage à céder à son penchant sans se soucier des conséquences ; mais Médée hésite, connaissant trop les errements d’un cœur désespéré. Le roi Égée qui paraît remercie Médée d’être intervenue en sa faveur : ce sont ses pouvoirs maléfiques, et non ceux de Minerve, qui ont protégé Athènes. Cette reconnaissance l’embarrasse pourtant  : il ne sait comment annoncer son dessein d’épouser Églé. Mais il est trop heureux de constater que Médée elle-même bénit ce projet et préfère s’unir à l’héroïque Thésée, vainqueur des mutins. Tous deux sont interrompus par les cris du peuple qui, fêtant le vainqueur, veulent en faire l’héritier du trône. Égée, ignorant que ce héros est son fils, prétend tout faire pour empêcher la chose. Malgré les réjouissances, Thésée ne cède pas à la foule et veut rassurer le roi sur ses intentions. Il avoue à Médée que c’est l’amour, et non la quête du pouvoir, qui le retient à la cour d’Athènes. Médée, un moment persuadée que c’est elle qu’il aime, entend bientôt la vérité : c’est Églé qui l’a charmé. Furieuse, Médée prétend s’intéresser à leur union et promet d’intercéder en leur faveur auprès du roi. Thésée sort plein de confiance. Médée laisse éclater son dépit.

Acte III

Églé attend impatiemment Thésée qui doit la rejoindre. Mais c’est Médée qui paraît. La magicienne obtient de la princesse l’aveu de son amour pour Thésée. Elle lui révèle alors qu’elle est sa rivale et qu’elle fera plier les amants par ses maléfices les plus terribles si besoin était. Pour donner à Églé un aperçu de son pouvoir, elle change le palais en une solitude horrible d’où sortent des démons et des esprits infernaux. Aux ordres de Médée, ils torturent la princesse. Malgré ses affres, celles-ci prétend n’arrêter d’aimer qu’au moment de mourir. Médée lui montre alors le corps inanimé de Thésée qu’elle s’apprête à immoler. Prise de panique, la princesse cède enfin et jure de renoncer à ses sentiments, de feindre l’indifférence auprès de son amant, et d’épouser le roi. Médée renvoie alors les furies, réveille Thésée et laisse le couple seul. Thésée ne comprend pas le mutisme d’Églé et se lamente d’être abandonné par celle qu’il aime. Touchée par tant de plaintes, son amante cède et avoue la manipulation dont elle est l’objet ; Thésée, pour sa part, lui apprend qu’il est fils d’Égée mais ne veut devoir la reconnaissance du roi qu’à sa valeur. Tous deux se jurent un amour éternel quel que puisse être leur avenir. Médée les interrompt brusquement : elle a tout entendu. Pour donner plus de poids à sa vengeance, elle feint de renoncer à Thésée et de sublimer son amour. Les amants rendent hommage à ce geste plein de noblesse. Médée joint ses chants à ceux du couple ; mais, à part, elle promet de terribles forfaits.

Acte IV

Le théâtre représente un palais formé par les enchantements de Médée. Médée restée seule n’hésite pas longtemps : pour consoler son cœur une nouvelle fois trahi, elle immolera et sa rivale et son amant. Elle détaille à Dorine le moyen qu’elle a imaginé : ayant elle-même assassiné les enfants qu’elle avait eus avec Jason, elle veut un nouveau parricide. Ce sera au roi Égée lui-même de tuer Thésée, puisqu’il ignore qu’il s’agit de son fils. Le roi arrive ; Médée lui remet un vase empoisonné qu’il doit offrir au héros. Pour aiguiser sa rage, elle lui rappelle que Thésée prétend régner sur le trône d’Athènes. Égée s’interroge, reconnaissant la valeur du prince. Mais les arguments de Médée sont les plus forts : il lui obéira. Les amants paraissent, suivis du peuple. Le roi et Médée semblent favoriser leur union. Alors que le vase empoisonné est remis à Thésée, Égée hésite ; la princesse comprend son trouble, soupçonne le crime et révèle alors à l’assemblée que Thésée est le fils du roi. L’ignoble Médée est découverte mais s’enfuit avant qu’on ait pu s’emparer d’elle. Des réjouissances sont aussitôt célébrées pour fêter le retour à Athènes de l’héritier du trône et ses noces avec Églé. Soudain, la terre tremble et des démons se font entendre. Médée, paraissant sur son char, prétend détruire le palais. Elle est arrêtée par une force plus puissante : c’est Minerve qui paraît dans les cieux et qui chasse la magicienne pour jamais. Les Athéniens peuvent enfin se réjouir et célébrer pompeusement la paix retrouvée.

    Personnes - 3
  • GOSSEC, François-Joseph (1734-1829)
  • MOREL DE CHÉDEVILLE, Étienne (1751-1814)
  • QUINAULT, Philippe (1635-1688)
  • Œuvre - 1
  • Thésée (Quinault / Gossec)
  • Thème - 1
  • Opéra – La tragédie lyrique après Gluck