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À travers chants (Hector Berlioz)

Date

1862

Texte

À partir des années 1850, Berlioz rassemble certains de ses écrits dans Les Soirées de l’orchestre (1852), Les Grotesques de la musique (1859) et À travers chants (1862). S’il nourrit l’espoir de les transmettre à la postérité, il permet en premier lieu à ses contemporains d’accéder à des textes publiés plusieurs décennies auparavant. À travers chants, qui reprend notamment le Voyage musical en Allemagne et en Italie de 1844, est sous-titré « études musicales, adorations, boutades et critiques ». En fait, la catégorie des « adorations » prédomine, puisque Berlioz accorde une large place à Beethoven, Gluck et Weber. Il bâtit ainsi son panthéon, constitué essentiellement de musiciens germaniques très connus (ce qui n’était pas le cas au moment de la publication des articles), qu’il contribue à sacraliser. Construit plus rigoureusement que les deux compilations précédentes, son troisième recueil met en avant une réflexion esthétique et théorique en faveur de la modernité, sans épargner les pratiques qui se généralisent en cette seconde moitié du XIXe siècle : Berlioz critique la construction de salles de spectacle toujours plus grandes et leurs conséquences sur la technique vocale, l’élévation du diapason, l’intensité sonore d’orchestres jouant à pleins poumons. Insensible aux sirènes wagnériennes, mais en rien nostalgique, il continue de défendre une conception élitiste de l’art : « Musique, art d’émouvoir par des combinaisons de sons les hommes intelligents et doués d’organes spéciaux et exercés. Définir ainsi la musique, c’est avouer que nous ne la croyons pas, comme on dit, faite pour tout le monde. »

    Personne - 1
  • BERLIOZ, Hector (1803-1869)