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AUBER, Daniel-François-Esprit (1782-1871)

Petit-fils d’un peintre du roi, fils d’un officier des chasses reconverti dans l’édition et le commerce d’estampes, Auber grandit dans un milieu à la fois aisé et cultivé. Homme de salon, chanteur, violoniste, violoncelliste et surtout pianiste, il croise très tôt la fine fleur du monde artistique, tels Baillot, Rode, Kreutzer et Cherubini (qui fut un temps son maître, entre 1808 et 1811). Malgré cette solide formation, ce n’est pas à la musique qu’on le destine, mais à reprendre l’entreprise familiale. Ce projet n’est abandonné qu’en 1819, à la mort de son père. Ruiné, Auber choisit alors d’embrasser définitivement une carrière à laquelle il n’avait pas sérieusement songé jusque-là, en dépit de quelques pièces instrumentales remarquées et d’un début sur scène dès 1805 (Julie ou L’Erreur d’un moment). Son premier succès véritable, Le Maçon (1825), ne se fait pas attendre. Suivent de nombreux ouvrages, tour à tour légers ou sérieux, mais servis par un même souci de qualité dramatique. Parmi la cinquantaine de pièces que laisse le compositeur, citons Fra Diavolo, Le Cheval de bronze, Le Domino noir, Haydée et Manon Lescaut. Quant à La Muette de Portici (1828), elle compte parmi les actes fondateurs du grand opéra, aux côtés de Guillaume Tell de Rossini (1829) et Robert le Diable de Meyerbeer (1831). Auteur d’une œuvre raffinée, franche et directe, membre de l’Institut (1829), directeur du Conservatoire de Paris (1842-1871), Auber est, à n’en pas douter – et malgré une formation hors des circuits académiques –, l’une des personnalités les plus significatives du paysage musical français du XIXe siècle.