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BAILLOT, Pierre (1771-1842)

Né en 1771, mort en 1842, Pierre-Marie-François de Sales Baillot fut, pendant un demi-siècle l’un des plus grands représentants de l’école française de violon. Disciple de Viotti, Baillot commence sa carrière au Conservatoire de Paris comme remplaçant de Rode, en 1795. Il y est nommé professeur quatre ans plus tard, et entreprend alors de compléter sa formation théorique en fréquentant Reicha, Catel et Cherubini. Pédagogue consciencieux, il eut de nombreux disciples, parmi lesquels Habeneck, l’altiste Chrétien Urhan ou encore le peintre et violoniste amateur Ingres. Membre de la musique particulière du Premier Consul et de la Chapelle impériale (fonction qu’il occupe également sous la Restauration), violoniste à l’Opéra à partir de 1821, Baillot effectue aussi des tournées qui le mènent en Russie, Belgique, Hollande, Angleterre, Savoie, Piémont, Lombardie, Suisse… De 1814 à 1840, il organise dans divers lieux parisiens des séances de quatuor et de quintette par souscription (154 en tout) qui inaugurent une pratique professionnalisée de la musique de chambre. Ne se contentant pas de jouer ses propres œuvres en concert, Baillot participe aussi à la création parisienne de partitions de Beethoven et d’autres auteurs. Il défend également la musique « ancienne », notamment de compositeurs ou violonistes baroques italiens. Il a joué principalement deux beaux instruments : un violon de Pique offert en 1795 par F. de Montbeillard et un violon de Stradivarius offert en 1805 par M. de Sorcy, deux fervents admirateurs. En accord avec son jeu – éloquent quoique dénué de toute virtuosité ostentatoire – et avec son œuvre – d’une large variété de coloris et d’une grande délicatesse –, ses écrits théoriques et pédagogiques (Méthode de violon, 1803 ; Méthode de violoncelle, 1804 ; L’Art du violon, 1834), exhortent les interprètes à se référer au chant de la voix humaine – considérée par Baillot comme le vecteur absolu de l’émotion – et prônent l’expression de « toutes les affections de l’âme et tous les élans de l’imagination ».

Le fonds Baillot sur la bruzanemediabase permet de parcourir un grand nombre de documents d'archive conservés par ses descendants.