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WIDOR, Charles-Marie (1844-1937)

Issu d’une famille de facteurs d’orgue, Charles-Marie Widor montre très jeune des dispositions pour cet instrument. Après avoir travaillé un temps à Lyon avec son père, il part – sur les conseils d’Aristide Cavaillé-Coll, ami de la famille – à Bruxelles pour y suivre des cours d’orgue (Lemmens) et de composition (Fétis). Toujours sous la tutelle de Cavaillé-Coll, qui lui offrira toute sa vie un soutien sans faille, le jeune Widor s’installe à Paris et se fait connaître en jouant ponctuellement à Saint-Sulpice et en inaugurant les nouveaux instruments de Notre-Dame et de la Trinité. Fort de l’appui de Saint-Saëns et Gounod, il parvient en 1870 à obtenir le poste d’organiste de Saint-Sulpice et dispose alors du plus grand instrument de France. Cet orgue exceptionnel lui permet de développer un style nouveau, inspiré de l’écriture pour orchestre, remarquable dans ses Symphonies pour orgue : les huit premières (op. 13 et 42), la Symphonie gothique op. 70 (1895) et la Symphonie romane op. 73 (1900). À la mort de César Franck (1890), Widor se voit confier la classe d’orgue du Conservatoire de Paris. Il y rénove entièrement la pédagogie de l’instrument et apparaît ainsi comme le fondateur de la nouvelle école française. En 1896, il est nommé professeur de la classe de composition, contrepoint et fugue, et aura pour élèves Dupré, Honegger, Milhaud ou encore Varèse. Membre de l’Institut en 1910, secrétaire perpétuel de l’Académie des beaux-arts en 1914, ce fervent défenseur de la musique de Bach s’est également chargé de l’édition des œuvres pour orgue du grand maître à partir de 1911.