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Genre – La mélodie française

La mélodie française – parfois pour deux voix et piano, plus souvent pour un seul chanteur accompagné – représente sans aucun doute le genre le plus élevé dans la hiérarchie des répertoires du XIXet du premier XXe siècles. Sa juste appréciation suppose une culture poétique et un goût du détail portés à l’extrême. Les pensées symbolistes ou, à l’opposé, les vers empruntés à Ronsard ou Villon en font un genre qu’il n’est pas faux de considérer comme littéraire avant tout. Ce raffinement – qui a pu passer pour élitiste – explique que la mélodie demeure un genre peu prisé du « grand » public, d’autant qu’une partie de cette musique (et bizarrement la partie la plus jouée en concert) se refuse très souvent à l’expression de sentiments directs. Le talent de l’interprète doit être celui d’un conteur, l’art du pianiste, celui d’un orchestre imaginaire. Lancée par Gounod et Berlioz, la mode de la mélodie s’épanouit ensuite aussi bien chez les conservateurs (Dubois, Massé, Delibes, Paladilhe, Hahn…) que du côté des novateurs comme Chausson, Debussy, Ravel et Poulenc, à côté desquels siège le maître incontesté du genre, Gabriel Fauré.