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Salons – La musique dans les salons de la Troisième République

Le rôle des salons dans la vie musicale, déjà notable depuis leur apparition à la fin du XVIIIe siècle, devient déterminant sous la Troisième République (1870-1940) du fait du désengagement de l’État dans la politique musicale. Nobles et aristocrates (souvent des femmes, elles-mêmes musiciennes de talent) firent de leurs salons des lieux-clefs du monde musical. Entre snobisme et divertissement, les réputations des compositeurs ou des interprètes s’y faisaient (ou défaisaient), les œuvres y étaient commandées, rémunérées et créées. Proust en a donné un fidèle reflet dans sa description du salon de MmeVerdurin. Citons aussi ceux de Mme de Saint-Marceau, qui influait sur les décisions de l’Académie des beaux-arts, de la comtesse Greffulhe, qui finançait la Société des grandes auditions, de Misia Sert, qui soutenait les Ballets russes, ou de la princesse de Polignac, qui passa commande à Fauré, Stravinsky, Satie, Falla ou Poulenc – parmi d’autres –, et se vit dédier nombre de partitions. Un phénomène sociologique dont les répercussions sur la vie musicale parisienne étaient directes. « Du salon au concert, explique Myriam Chimènes, des réseaux se dessinent, assurant une circulation entre l’espace privé et l’espace public. »