BRU ZANE MEDIABASE
Ressources numériques autour de la musique romantique française

Pré aux clercs, Le (Planard / Hérold)

Date

1832.12.15

Texte

De la Révolution à la Restauration, les Français ont connu une longue période de troubles politiques prenant ponctuellement des allures de guerres civiles, notamment en 1830. Alors que la paix semble désormais acquise, il est temps d’exorciser : suivant son habitude, la scène lyrique parisienne ne traite pas le sujet frontalement mais s’appuie sur le conflit fratricide qui débuta le jour de la Saint-Barthélemy (25 août 1572). C’est un roman de Prosper Mérimée publié en 1829 – Chronique du temps de Charles IX – qui sert de point de départ au livret du Pré aux clercs, créé à l’Opéra-Comique en 1832 ; quatre ans plus tard, le canevas d’Eugène Scribe pour Les Huguenots de Meyerbeer (grand opéra destiné à l’Académie royale de musique) puise son intrigue à la même source : l’immense succès de ces deux œuvres, exactement contemporaines, montrent qu’elles entrent parfaitement en résonance avec les préoccupations du temps. En achevant Le Pré aux clercs, Hérold signe son ultime opéra-comique (il meurt trois semaines après la première représentation) et sa plus grande réussite. Depuis l’ouverture jusqu’aux ensembles vocaux, la simplicité du chant, la force des effets dramatiques et l’efficacité de l’écriture chorale témoignent également de l’assimilation de Rossini par ses contemporains français. Et des nouvelles ambitions d’un genre prétendument léger… « La musique est le point capital de l’ouvrage. La partition est, disons-le franchement, admirable de fraîcheur, de variété et de mélodie. L’ouverture est savante, harmonieuse et large. Le trio et le chœur de la mascarade du second acte, enfin le trio du troisième qui a été redemandé avec trépignements, doivent assurer un très-grand, très-mérité, et très-prolongé succès à l’opéra-comique : le Pré aux Clercs. » (Le Corsaire, 17 décembre 1832)