BRU ZANE MEDIABASE
Ressources numériques autour de la musique romantique française

L’Art musical, 6 juillet 1876 [prix de Rome]

CONCOURS DE 1876. INSTITUT. – CONSERVATOIRE. Les deux séances pour le jugement des cantates ont eu lieu, la première, vendredi, au Conservatoire, la seconde, samedi, à l’Institut, en présence de toutes les sections présidées par M. Meissonnier. Les cantates ont été entendues dans l’ordre suivant : 1° M. Koenig ; 2° M. Lévèque ; 3° M. Dutacq ; 4° M. Paul de la Nux ; 5° M. Hillemacher ; 6° M. Rousseau. D’après les règlements du concours, il ne peut être accordé qu’un premier grand prix ; mais par la suite de la mort de M. Ehrhart, grand prix de 1874, l’Académie a pu décerner un autre premier prix, dont le lauréat recevra la pension annuelle pendant les deux années qui restaient à courir pour celle du jeune Ehrhart. La délibération a donné les résultats suivants : 1er grand prix au n° 5. – M. Hillemacher, qui a obtenu l’année dernière le 2e grand prix : élève de M. F. Bazin (19 voix sur 31 votants) ; exécutants : Mlle Richard, élève du Conservatoire ; Mlle Arnaud et M. Couturier, tous deux de l’Opéra. 2e premier grand prix au n° 4. – M. Véronge de la Nux, 2e grand prix de 1874, élève de M. F. Bazin (20 voix) ; exécutants : Mlles de Stucklé, Luigini et Manoury de l’Opéra. 1er second grand prix au n° 3. – M. Dutacq, mention honorable de 1875, élève de M. Reber ; exécutants : Mlle Chevrier, Mlle Bazin et M.Valdejo, de l’Opéra-Comique. 2e second grand prix au n° 6. – M. Rousseau, élève de M. F. Bazin ; exécutants : Mmes Fusch-Madier, Gueymard et M. Auguez, de l’Opéra. L’accès au concours de l’Institut a été cette année fort difficile, par suite de quelques manifestations et articles de journaux antérieurs. Le jury n’a fait en cela qu’user d’un droit respectable. Il est rigoureusement vrai que le public ni la presse n’ont pas à juger les œuvres envoyées au concours de l’Institut. Plus tard, les jeunes musiciens se soumettront au jugement général, mais comme élèves, comme concurrents, ils appartiennent au jury, et ce jury, formé, du reste, de sommités musicales, n’a pas à discuter ses décisions avec personne. Le concours de cette année a été fort intéressant, à ce qu’on nous assuré ; il a été un des meilleurs que l’on ait eus depuis bien des années. La personne qui nous l’affirme est compétente, et nous ajoutons foi avec grand plaisir à son affirmation. Ce concours fait honneur à M. Bazin, dont les élèves ont obtenu deux premiers prix et un second. Un tel résultat est une précieuse récompense pour le maître infatigable qui consacre jusqu’à ses moindres minutes à l’enseignement, tant au Conservatoire qu’à l’Orphéon. Nous respectons les décisions prises par l’Académie, et nous nous abstiendrons, en conséquence, de toute appréciation, jusqu’à ce que la cantate couronnée la première soit publiquement exécutée. Cependant, tout en respectant l’incognito du Concours, il nous sera bien permis de déplorer la pauvreté de la scène lyrique offerte aux concurrents. Avec de la bonne volonté, dit-on, et un peu d’idée, il serait possible de faire de la musique très intéressante sur l’Almanach Bottin et l’Indicateur des Chemins de fer, avec prélude symphonique très développé. Mais cela n’est pas une raison pour que l’Académie donne une cantate comme la dernière Judith aux infortunés logistes musiciens qui croient encore à la poésie. Il y a une réforme à apporter, et nous croyons que la meilleure serait de supprimer radicalement ce semblant de concours littéraire auquel les littérateurs véritables ne croient plus. Commandez un acte d’opéra à un auteur sachant son métier, et cela vaudra mieux pour tout le monde. 

    Personnes - 4
  • DUTACQ, Amédée (1848-1929)
  • HILLEMACHER, Paul (1852-1933)
  • ROUSSEAU, Samuel (1853-1904)
  • VÉRONGE DE LA NUX, Paul (1853-1928)
  • Thème - 1
  • Prix de Rome – Concours de composition musicale