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Caravane du Caire, La (Morel de Chédeville / Grétry)

Data

1783.10.30

Testo

Une belle Française (Zélime) est promise au Pacha, pour le plus grand désespoir de son époux (Saint-Phar) ; dénouement heureux, grâce à la mansuétude du sultan. Sur cette trame exotique convenue (on songe aux Indes galantes de Rameau et à L’Enlèvement au sérail de Mozart), Étienne Morel de Chédeville (secrétaire du cabinet de Monsieur, futur Louis XVIII) broda un livret en trois actes qui valut un triomphe à La Caravane du Caire lors de sa création, le 30 octobre 1783 au Théâtre royal de Fontainebleau, puis de sa reprise sur la scène de l’Académie royale de musique le 15 janvier 1784. Si Grétry, dans ses Mémoires, ne s’attarde pas sur cette comédie lyrique (entièrement chantée), il rappelle toutefois que le public se lassait de la tragédie que les théâtres s’obstinaient à lui imposer. Sa partition joue habilement sur le mélange des registres : rôles bouffes (le marchand d’esclaves Husca, le Pacha), parodie du seria (l’air à vocalises « Fra l’orror della tempesta » chanté par l’esclave italienne sur un texte emprunté au Siroe de Metastasio), chœurs énergiques, danses enlevées, personnages aux sentiments élevés (Saint-Phar dans « Va, va cruel », son père Florestan dans « Ah ! si pour la patrie » assombri d’enchaînements chromatiques), vivacité du rythme dramatique, notamment dans les ensembles et les finales. Grétry apporta des modifications au fil des reprises et l’œuvre connut 501 représentations à l’Opéra de Paris jusqu’en 1829. Les succès d’Auber et de Rossini éclipsèrent ensuite La Caravane du Caire, dont les comédies du XIXe siècle sont pourtant les descendantes.