BRU ZANE MEDIABASE
Ressources numériques autour de la musique romantique française

CRÉMONT, Pierre (1784-1846)

Compositeur et chef d’orchestre, Pierre Crémont naît à Aurillac, dans une famille de musiciens. Serpentiste, son père est attaché au bas-chœur du chapitre de Saint-Géraud. Son oncle, Jean Crémont, est un violoniste renommé et Pierre poursuit son apprentissage auprès de lui, à Limoges, avant de gagner Paris où il aurait été admis au Conservatoire en l’an VIII, selon le témoignage du musicographe François-Joseph Fétis (il n’apparaît pourtant pas dans les archives de l’établissement). Après de probables tournées en Europe de l’est, Crémont est engagé comme maître de chapelle à la cour du tsar Alexandre Ier de Russie, à Saint-Pétersbourg. En 1803, il accède au rang de premier violon du Théâtre français de Moscou, où il séjournera pendant dix ans et pour lequel il composera plusieurs opéras comiques. L’incendie de Moscou le force à quitter la Russie en 1812. À son retour en France, il participe à une tournée couronnée de succès en Scandinavie avec les membres de la troupe du Théâtre de Moscou : les musiciens se produisent notamment à Stockholm, Turku et Copenhague. La carrière française de Crémont débute alors, en 1815, par l’exécution de son concerto pour violon sur la scène du théâtre de l’Odéon, où il devient second chef d’orchestre avant de rejoindre l’Opéra-Comique comme premier chef. Il collabore avec les plus grands compositeurs d’opéras du temps – Rossini, Meyerbeer, Weber ou encore Bellini – dont il dirige les œuvres et pour lesquels il est parfois amené à réaliser des arrangements. En 1830, Crémont quitte Paris pour le Bourbonnais. Premier chef d’orchestre du Théâtre de Lyon en 1833, il prend ensuite la direction de la Société philharmonique de Tours, ville où il terminera ses jours. Longtemps oubliée au-delà des limites de son Auvergne natale, la figure de Crémont a fait l’objet d’une redécouverte discographique par le Trio Concordia en 2013.