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Carmen : entr’acte

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L’entr’acte en mi bémol majeur, qui précède le troisième acte de Carmen, demeure un moment remarquable dans l’opéra de Bizet. Initialement conçu pour L’Arlésienne, ce morceau fut réemployé dans Carmen et se distingue par sa douceur pastorale, en contraste avec l’intensité dramatique de l’œuvre. Sa longue ligne mélodique, semble dessiner un paysage empreint de sérénité et de poésie. C’est donc sans lien direct avec la progressive entrée en scène des contrebandiers que cette page s’insère dans le drame, à la manière d’une pause contemplative. Loin d’être purement descriptive et d’accompagner l’action dramatique, comme cela s’entend traditionnellement, cet entr’acte plonge l’auditeur dans une sorte de rêverie traduisant la formidable habileté de Bizet à moduler les nuances du sentiment. Bien que tout à fait acquise à la postérité, son insertion dans Carmen a suscité des objections. Certains critiques de l’époque regrettent une harmonie et des contrepoints qu’ils jugent trop convenus et soulignent la distance entre cette atmosphère idyllique et le propos de l’opéra. Malgré cela, la souple mélodie expressive de la flûte, en dialogue avec les cordes, a marqué durablement le répertoire de cet instrument soliste, mis ici à découvert pendant toute la durée de l’entr’acte. Ce morceau est devenu sans attendre un incontournable des méthodes de flûte, recueils de traits d’orchestre et concours, le consacrant exemple d’écriture instrumentale raffinée. Ainsi, d’une nuit provençale aux nuits d’Espagne, ce prélude se fraie un passage subtil, du côté de la suggestion plutôt que de la description.

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