L'Élève de Presbourg
Opéra-comique en 1 acte créé à l'Opéra-Comique (salle de la Bourse) le 24 avril 1840.
Le 27 avril 1840, le journal français Le Charivari se fait l’écho de la représentation de l’opéra-comique en un acte L’Élève de Presbourg et déclare à propos de son protagoniste : « Cet élève n’est autre que Joseph Haydn. Le sujet du libretto est une aventure romanesque comme il en arrive à tous les hommes célèbres… dans leur biographie ». Composée par Idephonse Luce sur un livret de Jean-Baptiste-Charles Vial et Théodore Muret, cette opérette est jouée pour la première fois au Théâtre de l’Opéra-Comique le 22 avril 1840. L’intrigue suit les vicissitudes du jeune Haydn, contraint de vendre plusieurs de ses cantates à Presbourg. Une fois installé à Vienne, il devient l’élève d’un maître de chapelle et tombe amoureux de sa fille. Il fait cependant face à Rondonelli, fiancé de la jeune femme qui tient entre les mains la partition d’une des cantates de Haydn. L’opéra se termine par un accord entre les deux hommes : Rondonelli se fait passer pour le compositeur de l’œuvre, en échange de quoi Haydn peut épouser sa bien-aimée. L’accueil critique de L’Élève de Presbourg est mitigé, notamment en raison des libertés prises par les librettistes avec la réalité de la vie d’Haydn. Le Siècle salue néanmoins dans Ildephonse Luce un musicien qui « ne manque pas de verve et révèle une assez bonne entente des effets scéniques » (3 mai 1840). D’autres qualifient la musique de cet opéra-comique de démodée, avec un texte et une conception musicale simples et enfantins sous la plume d’un compositeur âgé de près de 60 ans. Néanmoins, l’ouvrage semble plaire au public et reste à l’affiche jusqu’à la fin de l’année 1840.