Skip to main content

Nocturne op. 9 no 1

Composer(s):
Date :
Musical ensemble:
Instrument(s) :
Personne(s) liée(s) :

Publié d’abord chez Kistner à Leipzig (1832), puis à Londres chez Wessel et à Paris chez Schlesinger (1833), le Nocturne en si bémol mineur, op. 9 no 1, appartient au triptyque dédié à Marie Pleyel que l’édition anglaise enrichit du sous-titre apocryphe de « Murmures de la Seine », pratique paratextuelle que Chopin réprouva fortement. Dans une lettre à Fontana, le compositeur fustige ces « titres » imposés contre son avis et n’aura de cesse de renouveler sa méfiance quant à cette pratique éditoriale induisant une tendance programmatique étrangère à ses œuvres. Ici, davantage peut-être que dans les productions plus tardives, l’héritage de John Field reste lisible : cantabile soutenu, tapis d’arpèges régulièrement distribués. Mais on pressent déjà l’importance que Chopin conférera à l’ornement qui devient peu à peu un véritable principe syntaxique. Une section initiale installe une longue et belle plainte parsemée d’appoggiatures, de volutes mélodiques et de suspensions mesurées. Le centre de l’œuvre, en bémol majeur, semble élargir le temps par plus de statisme mélodique et un débit harmonique fortement ralenti, avant que le mystère ne s’éclipse et qu’une reprise variée du début n’intervienne. Là, la courbe du chant impose sa plasticité. Le propos est cependant plus resserré et en devient presque fragmentaire. Une coda conclut par une descente appuyée de tierces et de secondes se résolvant en cinq accords parfaits pianissimo : fermeture exemplaire d’une dramaturgie contenue, à l’écart de toute éloquence artificieuse, mais noblement parée d’une tension discrète.

Videos

Chopin : Nocturne Op.9 n°1, par Marie-Josèphe Jude

Permalink



Go to search