Symphonie no 1
Andante sostenuto. Allegro – Adagio cantabile – Minuetto. Moderato – Allegro assai
Composée en 1841, la Première Symphonie de Louise Farrenc naît dans un Paris où l’opéra règne et où la symphonie demeure rare. Pianiste célébrée et compositrice déjà forte d’une trentaine d’opus, Farrenc choisit pourtant ce genre « sérieux » pour affirmer une voix personnelle, fidèle à la grande tradition viennoise. Créée en 1845 à Bruxelles sous l’égide de François-Joseph Fétis, puis donnée la même année au Conservatoire de Paris, l’œuvre frappe par l’équilibre de sa forme, la netteté de sa pensée thématique et le soin particulier apporté aux bois, qui confèrent à l’orchestre une couleur claire et éloquente. L’effectif demeure volontairement classique : deux flûtes, deux hautbois, deux clarinettes, deux bassons, deux cors et deux trompettes, timbales et cordes. La compositrice mène les formes classiques avec sûreté : transitions nettes, développements travaillés par l’imitation et la fragmentation des motifs, réexpositions lucidement rééquilibrées. Jamais l’expressivité ne cède à l’emphase et l’on goûte cette manière très personnelle de faire naître l’émotion de la pureté de l’écriture. Au-delà de ses qualités propres, la Symphonie no 1 éclaire le projet esthétique de Louise Farrenc. S’y révèlent tant l’admiration pour la clarté beethovénienne que l’attention mendelssohnienne à l’équilibre des plans sonores. Plutôt que de proposer un manifeste théorique, elle fait la démonstration qu’une symphonie peut, dans le Paris des années 1840, convaincre par la logique du discours et la justesse du ton, ouvrant la voie à deux autres symphonies, où l’ambition orchestrale se renforce encore.