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La salle du Conservatoire

Initialement destinée aux exercices des élèves du Conservatoire, cette salle – connue sous le nom de « vieille salle » et située 2 rue du Conservatoire – fut inaugurée le 7 juillet 1811. De dimensions restreintes (environ 1000 places), elle était construite en forme de parallélogramme. Des colonnes soutenaient l’arc double de l’avant-scène orné des figures d’Apollon, de Thalie, Melpomène, Amphion et Pan. Le ton général était gris clair et les loges étaient garnies de vert avec des broderies violettes. En dépit de l’absence de confort, la construction en bois lui conférait une qualité acoustique exceptionnelle, qui lui valut l’épithète de « stradivarius des salles de concert ». En 1828, elle devint la salle de la Société des concerts du Conservatoire, où François-Antoine Habeneck dirigea, pour la première fois en France, les symphonies de Beethoven. Haut lieu musical, c’est là que fut créée la Symphonie fantastique de Berlioz, là que les virtuoses les plus illustres de l’époque, dont Chopin, Liszt, Clara Schumann, Saint-Saëns, se produisirent. En 1865, la salle subit de profondes transformations : des fauteuils remplacèrent les places débout et le rouge sombre et vieil or substituèrent le vert primitif. Les galeries furent ornées de médaillons et de motifs allégoriques et le fonds de la scène fut fermé par un dispositif semi-circulaire orné par les neuf muses. Jugée insuffisante sur le plan de la sécurité, elle échappa de peu à la démolition en 1897, puis en 1911 après le transfert du Conservatoire à la rue de Madrid. Elle a été classée monument historique en 1921. 

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