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Air russe varié op. 17

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Composé vers 1835, cet Air russe varié compte parmi les pages pour clavier qui ont établi la réputation de Farrenc, des salons parisiens de la monarchie de Juillet jusqu’à nos jours. Cette pièce, qui s’inscrit dans l’intérêt parisien pour les « airs nationaux » des années 1830, résume un double projet : il adopte la vogue du thème et variations sans renoncer à une élaboration harmonique et à une épaisseur polyphonique, prémices de la densité que la compositrice portera à son plein rendement dans les Études op. 26 puis dans la musique de chambre et les symphonies. L’œuvre enchaîne une introduction, l’exposé d’un thème d’allure « russe », une suite de variations contrastées et un final brillant. Farrenc alterne épisodes de mélodie accompagnée et écritures plus serrées, où elle densifie ou épure le geste pour orienter l’écoute. Les variations rapides exploitent tout l’arsenal technique du piano romantique en train de se définir, tandis que les épisodes lyriques cultivent l’art du chant intérieur et donnent au clavier un relief quasi orchestral. La dédicace à Gottfried-Engelbert Anders, critique allemand installé à Paris, éclaire le milieu de réception de l’œuvre. Ce dernier collabore activement à la Revue et Gazette musicale de Paris entre 1834 et 1839 tandis qu’il travaille à la Bibliothèque royale puis impériale. Érudit et publiciste, Anders sert alors de relais entre édition, presse et collections ; la dédicace inscrit ainsi l’opus 17 dans le réseau parisien qui associait critiques, éditeurs et interprètes, autour duquel évoluaient également Louise et Aristide Farrenc. 

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Air russe varié, Op. 17