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Clair de lune (romance sans paroles)

Compositeur(s) / Compositrice(s) :
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Formation musicale :
Instrument(s) :

Pièce pour piano seul. Opus 112.

Parmi les Romances sans paroles de Francis Thomé, le Clair de lune, op. 112, publié en 1891, occupe une place privilégiée. La pièce, d’abord pensée pour piano seul puis arrangée pour cor, pour mandoline, flûte, puis pour deux pianos, incarne à merveille l’art de mélodiste du compositeur, alliant poésie intime, raffinement expressif et simplicité séduisante. Dès les premières mesures, la ligne mélodique émerge, fragile et contemplative, contenue dans le climat harmonique qui l’environne. L’atmosphère est posée : nappes harmoniques en mi bémol majeur, déplacements délicats des modulations par marches systématiques, accompagnement discret en notes répétées qui reste à l’arrière-plan sans imposer. Chaque phrase naît de petites cellules mélodiques, brodées autour de l’idée principale et se déploie avec légèreté et continuité. Loin des démonstrations pianistiques qui jalonnent son œuvre, Thomé privilégie ici l’élégance de la ligne confinant parfois à l’obsession. Mais loin de lasser, l’auditeur se trouve aux prises avec le naturel du chant, soutenu par une harmonie feutrée et un mouvement régulier et s’installe dans une rêverie suspendue telle qu’on peut en trouver dans l’œuvre pianistique de Gounod. Francis Thomé, élève d’Ambroise Thomas, critique et figure appréciée dans les salons parisiens, a cultivé ce genre de miniature : Clair de lune est un exemple limpide de ces pièces d’essence salonnière qui ont connu, comme Simple aveu, un grand succès. Succès certainement dû à la capacité de Thomé à toucher l’auditeur sans ostentation.

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