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Rhapsodie hongroise no 2 S. 244/2

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Au sein de la première série des Rhapsodies hongroises, la seconde est devenue l’emblème du « style hongrois » lisztien. Il ne s’agit pourtant pas de folklore brut : Liszt, assurant que la musique hongroise se divisait « naturellement à l’origine en mélodies destinées au chant et en airs de danse », travaille des tournures typiques du verbunkos et de la csárdás – tels la seconde augmentée, les appoggiatures appuyées, ou les forts contrastes d’affects – et les fond dans une écriture de concert. Cette stylisation la place donc dans une histoire des transferts entre idiomes populaires et langage savant. La forme suit le traditionnel schéma en deux parties : d’abord un lassan ample et grave, proche du récitatif instrumental, où l’aspect déclamatoire saisit dès les premières mesures ; puis la friska, franche accélération qui convertit le même matériau en danse propulsive. Malgré l’hétérogénéité de sa mise en œuvre, la forme traduit une logique d’ensemble implacable où la dramaturgie repose sur une montée d’énergie calculée dans ses divers paramètres. Il faut en effet relier cette pièce à l’art consommé de Liszt pour l’improvisation, tel qu’en témoigne son élève Arthur Firedheim à la fin du siècle, assurant que le compositeur avait pour habitude d’improviser sans effort « une petite rhapsodie, traitant et combinant des airs hongrois de manière nouvelle ». La postérité populaire – du music-hall au dessin animé – n’a fait qu’exacerber ses effets comiques et virtuoses ; mais à l’écoute, on goûtera surtout l’art lisztien de transfigurer la couleur hongroise en dramaturgie pure.

Vidéos

Valentina Lisitsa plays Liszt's Hungarian Rhapsody No. 2

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