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Scherzo-Fantaisie pour violon et harpe

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Publié à Paris en 1898, le Scherzo-Fantaisie pour violon et harpe est dédié au violoniste Armand Parent, figure alors très en vue des scènes parisiennes, violon solo de l’Orchestre Colonne, fondateur d’un quatuor actif à la Société nationale et bientôt pédagogue à la Schola Cantorum. Le titre traduit le projet esthétique de l’œuvre : scherzo, par l’élan, la nervosité souriante, les rebonds rythmiques ; fantaisie, par la liberté de coupe, le lyrisme contrastant et l’improvisation feinte. On décèle une plume qui connaît intimement la mécanique des deux instruments et en tire un jeu d’équilibre constamment mobile où même la transition n’est jamais décorative, mais pensée comme propulsion du discours. Chambriste aguerri, créateur et promoteur d’œuvres nouvelles, Parent incarnait précisément le violon français post-franckiste, soucieux d’une tenue architecturale et d’une éloquence directe qui se retrouve comme condensée dans cette pièce de dimensions réduites. Le Scherzo-Fantaisie s’inscrit dans un moment charnière où la harpe chambriste fait l’objet d’une grande attention : Debussy promeut la harpe chromatique de Pleyel en 1904 avec les Deux Danses ; Ravel, la même année compose son Introduction et Allegro pour la maison Érard. Quelques années avant des productions de plus vaste envergure, Renié met donc au jour la capacité de l’instrument à soutenir un discours dramatique et moderne, en dialogue serré avec un soliste, autant qu’elle pose les caractéristiques essentielles de son style :  une éloquence claire, souple et chantante, où la harpe est le véritable architecte du récit. 

Vidéos

Henriette Renié | Scherzo-Fantaisie, Elise Bertrand (violin) et Maëlle Martin (harp)

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