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Sonate en si mineur S. 178

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Écrite à Weimar en 1852-1853 et dédiée à Robert Schumann, la désormais célèbre Sonate en si ne fut créée publiquement qu’en 1857 par Hans von Bülow, après une réception d’abord glaciale. Clara Schumann note en effet dans son journal le 25 mai 1854 : « Ce n’est rien d’autre qu’un vacarme pur et simple – pas une seule idée saine ; tout est confus, on n’y distingue plus aucune succession harmonique claire ! Et en plus je dois encore le remercier. » Cette sévérité mesure sans doute l’écart d’une œuvre qui reconsidère profondément la rhétorique traditionnelle du genre. Conçue en un seul mouvement, elle plie la forme à une métamorphose continue des cellules initiales : du Lento assai surgissent un Allegro energico aux unissons anguleux et aux motifs martelés, un Grandioso à la solennité chorale, puis un cantando espressivo, véritable « tempo lirico » issu de la scène lyrique italienne et des fantaisies sur les thèmes d’opéra. Plus loin, l’Andante sostenuto en fa dièse majeur ouvre un espace de recueillement avant qu’un fugato serré ne relance le drame. Enfin, une récapitulation condense les états traversés avant qu’une coda ne reconduise la descente originelle jusqu’au si conclusif. Le « piano-orchestre » lisztien n’est jamais gratuit : octaves jumelées, trémolos de basse, trilles, traits à notes-pivot, déploiements de l’écriture harmonique. Autant de moyens de registration des plans sonores qui appellent moins la bravoure que la lisibilité : articuler les seuils, ventiler les masses, laisser la polyphonie commander le rubato, sont à présent les nouvelles préoccupations du pianiste romantique.

Vidéos

Piano masterclass on Liszt B minor sonata with Alfred Brendel at the Royal College of Music
Martha Argerich plays Franz Liszt - The Piano Sonata in B-Minor S.178