Trio pour violon, violoncelle et harpe
Allegro risoluto – Scherzo – Andante – Finale
À l’orée du XXe siècle, Henriette Renié affirme pour la harpe une grande ambition de musique de chambre dans laquelle s’inscrit son Trio pour violon, violoncelle et harpe. L’ouvrage, composé vers 1901 et publié à Paris au début de la décennie suivante, est dédié Charles Lenepveu qui fut son professeur de contrepoint et de fugue au Conservatoire. La dédicace éclaire l’évidente tenue architecturale du discours : rigueur de la construction, sens du développement thématique et goût du contrepoint y nourrissent une éloquence de chambre souple et chantante. La harpe, qui est ici moteur harmonique et partenaire à parts égales, propulse les élans de l’Allegro risoluto, anime le rebond rythmique du Scherzo, fait respirer la ligne de l’Andante où le contrôle des résonances et des étouffés façonne le timbre, puis rassemble, dans le Finale, les fils d’une narration menée sans emphase. La même année où Renié crée son Concerto pour harpe, la harpiste-compositrice impose son nom à Paris et entérine une conception de l’instrument comme laboratoire d’écriture : textures d’arpèges, plans superposés, croisements et voile de résonance s’y mettent au service d’une dramaturgie continue, plus narrative que spectaculaire. La circulation de la pièce, attestée tout au long du XXe siècle – jusqu’à une captation radiophonique de 1957 par Lily Laskine, Roland Charmy et Jules Lemaire – confirme la justesse de sa réception : un trio d’équilibre, généreux dans la cantilène, vif dans l’animation rythmique et exemplaire dans la façon dont la harpe, pleinement idiomatique, soutient et structure la forme.
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date de publication : 30/12/25
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