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Le Vert-Galant

Compositeur(s) / Compositrice(s) :
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Formation musicale :
Instrument(s) :

Pièce pour piano seul ou piano à quatre mains. Opus 85

Publié en 1896 pour piano et remanié l’année suivante pour piano quatre mains, Le Vert-Galant s’inscrit dans un répertoire de pièces de salon d’évocations pittoresques, faisant peut-être ici référence à Henri IV, surnommé ainsi, tant pour sa vaillance que pour son amour des femmes. La grande coupe ternaire de la pièce et sa section centrale plus libre et plus virtuose ne cachent pas pour autant de vastes passages d’apparence épurée et teintés d’ironie : resserrés autour de petits motifs espiègles, ils sont autant de moments de divertissement, mêlant nostalgie, esprit galant et élégance d’Ancien Régime, caricaturée et reconstituée dans une esthétique romantique tardive. L’écriture pianistique révèle la maîtrise de Chaminade pour l’instrument et fait écho a ses habitudes formelles : sans donner ici lieu à une virtuosité démonstrative, l’œuvre se plaît à s’amuser des complémentarités entre les voix ; aux jeux d’élargissements de l’ambitus à mesure que l’intensité dramatique croît ; aux formules codifiées et traits de jonction à la limite de l’improvisé-noté. L’intelligence de l’écriture tient à ce paradoxe : une légèreté apparente servie par une structure musicale précise, expressive et inventive. Chaminade y confirme qu’elle n’est pas seulement la créatrice de pièces de salon élégantes, mais aussi une compositrice innovante, capable de composer des œuvres narratives, nuancées, à la fois sensibles et raffinées. L’œuvre est dédiée à Berthe Duranton, pianiste qui fut plus tard professeur à la Schola Cantorum de Paris et créa une annexe de cette institution au Havre.

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