Médée, "la" personnification du théâtre lyrique
Euripide/Sénèque/Corneille ; Gossec/Vogel/Cherubini ; de Troy/Vanloo/Delacroix : Médée aurait indifféremment nourri l’inspiration du poète dramatique, du musicien ou du peintre. Ut pictura poesis encore, ut pictura poesis toujours : la peinture est comme la poésie, elle aussi raconte des histoires, mais avec des moyens différents. Le comment – la forme – diffère, le pourquoi – le contenu – demeure identique. Ce qu’on écoute à la Comédie-Française ou à l’Académie royale de musique, on le regarde au Salon de peinture. Cette doctrine de la concordance des arts puisée dans L’Art poétique d’Horace semble solidement établie en cette fin du XVIIIe siècle où l’oeuvre de Vogel voit le jour. Et ce qu’on désigne sous le terme de néo-classicisme – qui fut, initialement, autant retour à l’Antiquité que nostalgie du Grand Siècle de Louis XIV – entendait précisément, à travers la défense de la grande manière et de la hiérarchie des genres, réaffirmer la convergence du tragédien et du peintre d’histoire. Les acteurs du Théâtre-Français n’allèrent-ils pas s’enquérir auprès du peintre David de savoir comment porter la toge romaine ? Diderot n’engageait-il pas ses contemporains à réformer l’esthétique théâtrale en prenant le tableau de chevalet pour modèle ?
Livre-disque Johann Christoph Vogel. La Toison d'or (Glossa, 2013).
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data di pubblicazione : 05/09/25