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Élégie

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Instrument(s) :

Pièce pour violoncelle (ou violon) et piano (ou orchestre).

Écrite en 1902 pour violoncelle (ou violon) et piano, et dédiée au violoncelliste havrais Charles Maurech, l’Élégie appartient à la première manière de Caplet, bien avant les partitions mystiques et visionnaires de la maturité. Formé au Havre auprès de Henry Woollett, puis au Conservatoire de Paris, le compositeur, qui a obtenu le prix de Rome en 1901, n’a pas encore trente ans. Déjà, pourtant, son écriture possède l’essentiel de ses traits distinctifs. Rien ici d’un pathos romantique épais : le chant du violoncelle se déploie avec une pudeur presque vocale, sur un accompagnement qui préfère la résonance, l’appui discret, le balancement des couleurs harmoniques et la mobilité des demi-teintes à toute surcharge démonstrative. Cette manière de suggérer plutôt que d’affirmer n’est pas sans rapport avec le climat symboliste dans lequel s’élabore alors une part de la musique française. L’expression y gagne en mystère, en suspension, en pouvoir d’évocation. L’élégie devient ici moins une plainte expressionniste qu’un art de conduire le temps, par élans retenus, expansions brèves de la phrase mélodique, retombées méditatives. On y entend, plus encore qu’une lamentation, une voix intérieure, d’autant plus émouvante qu’elle ne cherche jamais à s’imposer. Si la version avec piano est éditée dès 1903, la version orchestrée (probablement écrite au cours de son séjour romain) est restée longtemps à l’état de manuscrit. Cette plasticité instrumentale éclaire la nature même de la page et se lit dans la multiplicité de ses versions, parfois réintitulées, comme c’est le cas d’Impressions d’automne, version de 1905 pour saxophone alto.

Permalink

https://www.bruzanemediabase.com/it/node/73127

data di pubblicazione : 27/03/26



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