Pasquinade
La Pasquinade de Gabriel Marie rappelle opportunément qu’une large part du répertoire français pour violoncelle s’est construite hors des grandes formes, dans le domaine plus mobile du morceau de caractère. Formé au Conservatoire de Paris, Gabriel Marie ne fut pas seulement compositeur, mais aussi chef d’orchestre et critique musical, timbalier puis chef de chœur aux Concerts Lamoureux. Pendant un temps chef de l’orchestre de la Société nationale de musique, il conduisit aussi l’orchestre du Casino de Vichy, lieu alors essentiel de cette circulation entre répertoire léger, sociabilité mondaine et vie de concert. Il sut, comme d’autres compositeurs de sa génération, trouver le juste ton de la musique légère et le faire vivre sous plusieurs habits instrumentaux. La diffusion de la Pasquinade en témoigne puisque l’œuvre circule dans sa version pour orchestre, puis dans une réduction pour violoncelle et piano publiée chez Richault en 1895, avant d’être adaptée à de très nombreux instruments, allant de la mandoline au saxophone. Le titre annonce l’esprit de la pièce, faite de piquant, de malice et de caprice. Le violoncelle y abandonne la plainte noble qu’on lui assigne souvent pour retrouver de l’agilité, du sourire, un sens de la pirouette. Tout repose sur la précision rythmique et sur une élégance de diction qui empêche la miniature de se réduire à l’anecdote. Chez ce musicien resté célèbre pour La Cinquantaine, on touche ici à un aspect essentiel de l’esthétique fin-de-siècle, entre formation originale et arrangements multiples, y trouvant toujours de la force de sa découpe et la vivacité de son invention.
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data di pubblicazione : 27/03/26
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