Aubade et Scherzo
Publiée à Paris chez Durand à la fin de l’année 1881 sous le numéro d’opus 61, Aubade et Scherzo est dédiée à Adolphe Fischer. Le violoncelliste belge actif à Paris au tournant du siècle, déjà associé à plusieurs partitions marquantes du répertoire français pour violoncelle comme le Concerto de d’Édouard Lalo, appartient à ce cercle d’interprètes virtuoses pour lesquels les compositeurs écrivent en prise directe avec la scène. L’œuvre fait valoir une invention mélodique d’un classicisme consommé, un goût très sûr des carrures et des profils contrastés et une grande habileté à développer des idées resserrées. L’Aubade ouvre la page dans une clarté chantante, avec cette franchise de ligne qui est l’une des signatures de Godard. Le Scherzo, quant à lui, plus mobile, plus incisif, fait s’inscrit dans une virtuosité légère, nerveuse mais jamais tapageuse, où le brillant reste toujours tenu par la précision de l’écriture. L’ensemble prend place dans une forme concise, efficace, mais nullement artificielle. Violoniste de formation, Godard sait de l’intérieur ce que veut dire faire chanter un instrument à cordes et il transpose ici cette intelligence pratique au violoncelle, en conciliant à la fois la souplesse lyrique nécessaire, netteté rythmique et animation quasi théâtrale. L’œuvre prend ainsi place dans ce vaste territoire français situé entre salon, scène et concert public, où l’écriture de caractère devient un laboratoire de style. Son charme tient d’ailleurs particulièrement à cette économie vive, à la fois gracieuse et parfaitement construite.
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data di pubblicazione : 03/06/26
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