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Nocturne

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Pièce pour alto (ou violoncelle) et orchestre.

Seul un ensemble de manuscrits subsistent de ce Nocturne, composé en 1902 par Jean Huré. La même année où le compositeur écrit un Air pour violon et orchestre, ainsi qu’une étude sur les chansons et danses bretonnes, celui-ci se consacre à l’alto puisque c’est dans cette instrumentation que l’œuvre est originellement pensée. Une transcription pour violoncelle, destinée au grand virtuose Pablo Casals, voit le jour fin septembre 1903. La ligne du soliste, très peu modifiée, conserve quelque chose de son instrument d’origine, au gré d’une parole située dans la zone médiane, souple, peu démonstrative, plus proche de la cantilène intérieure que du brillant concertant. Huré ne cherche pas l’affrontement entre soliste et orchestre, mais lui préfère une forme de fusion, un chant prolongé dans un halo de timbres feutrés. Les cordes souvent voilées, les bois employés par doublures partielles, la harpe et le célesta, jusqu’aux interventions discrètes des percussions résonantes, contribuent à cette poétique de demi-teinte où la couleur devient un agent essentiel de la forme. Le Nocturne progresse par inflexions successives : au calme initial, émergeant d’un balancement chaloupé, répondent des épisodes légèrement animés qui troublent la rêverie sans jamais la dissiper. Plus loin, un passage en bariolages murmurés semble donner plus de place à l’orchestre, avant que le chant ne retrouve son ampleur. Sous un titre modeste et particulièrement rattaché aux pratiques salonnières, la pièce s’avère être un véritable monologue avec orchestre, où le lyrisme se construit par la nuance, l’éloignement et l’irisation du timbre.

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data di pubblicazione : 27/03/26



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