Suite op. 21
Méditation – Appassionato – Canzonetta – Final
La Suite op. 21 présente un cas de reprise assez singulier. L’œuvre paraît d’abord en 1875 sous le titre de 3 Pièces pour violoncelle et piano, Widor y revient en 1912 pour en donner chez Heugel une version augmentée et réordonnée en quatre mouvements (Méditation, Appassionato, Canzonetta et Final). Une telle transformation de l’œuvre, redessinée, rééquilibrée, relancée en de nombreux points attire aussi l’attention sur un pan moins commenté de son activité. La réputation de Widor reste en effet attachée à l’orgue et aux grandes architectures symphoniques. Elle laisse plus facilement de côté une production de chambre où s’exerce pourtant une maîtrise très sûre de l’échelle moyenne, du détail et de la conduite instrumentale. La Suite en fournit un bon exemple. Sans être proprement franckiste, chaque mouvement y affirme une physionomie distincte, mais l’ensemble tient par une même tenue de ligne, par une continuité d’écriture qui interdit l’impression de compilation. La Méditation et la Canzonetta travaillent du côté de l’inflexion chantante, de la courbe souple, d’une expressivité sans surcharge tandis que l’Appassionato et le Final déplacent le centre de gravité vers une énergie plus franche, sans chercher pour autant l’effet massif. Le violoncelle y change à chaque fois de visage sans perdre son unité. Alors que les 3 Pièces de 1875 portaient des dédicaces séparées, la version de 1912 est dédiée au violoncelliste néerlandais Joseph Hollman, également dédicataire du Deuxième Concerto pour violoncelle de Saint-Saëns. C’est sans doute dans cette reprise tardive que l’opus 21 trouve sa forme la plus cohérente.
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data di pubblicazione : 27/03/26
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